Un vendredi soir au Schmoul

Alors que le samedi soir affichait complet, Pataquès a assisté à la première soirée de la quatorzième édition du Schmoul à Bain de Bretagne. On fait le point sur cette jolie soirée.

schmoul

Si la programmation est importante, l’identité d’un festival se définit aussi par l’esprit qui s’y développe d’année en année. Et le schmoul en est un bel exemple. Tous les habitués le disent, « le schmoul vieillit bien et reste le même ». Il est donc important de saluer dans ces quelques lignes la longévité d’un festival (14eme édition) qui a su conserver ses valeurs en restant un festival à taille humaine.

L’esprit du schmoul  c’est quoi?

1 – Rester modeste. Avec son micro budget (64 000 euros dont 25 000 euros pour les artistes), le schmoul n’a jamais eu la folie des grandeurs. Le festival accueille donc environ 1600 personnes sur deux jours dans la salle municipale de Bain de Bretagne (la salle de Bain pour les intimes!) ce qui lui donne des faux airs de fêtes du village hivernale plutôt sympathique.

2 – Des tarifs raisonnables : Là où certains festivals ne se gênent plus pour nous faire boire de la bière plate à 2,8euros le demi, le schmoul propose de la bière artisanale locale de qualité (La sainte Colombe pour les amateurs) à seulement 2,40 euros. C’est peut être un détail pour vous mais pour nous ça veut dire beaucoup.

3 – Une proximité avec les artistes. Pas de grande barrière, une sécu discrète ce qui permet d’apprécier au plus près les prestations des artistes n’hésitant pas à aller au contact du public. C’est toujours agréable de voir Arnaud Rebotini déambuler dans la salle des fêtes de village une bière à la main.

D’ailleurs, question musique on peut dire quoi de cette soirée?

C’est les rennais de News from the sky qui ont eu la tâche toujours un peu ingrate de débuter la soirée devant un public clairsemé et ils s’en sont sorti avec les honneurs avec leur pop rock tantôt atmosphérique tantôt « leded » pas des plus dégueulasses.

Suivent ensuite, les « vétérans «  des groupes rennais, The 13th Hole qu’on a toujours plaisir à écouter (leur dernier album est sorti en avril 2014) et à voir en live (le charme d’Isa, la chanteuse, n’y est pas pour rien). Il est d’ailleurs toujours un peu surprenant (certains diront frustrant) de voir sur scène, une chanteuse aussi réservée alors que le rock de 13th Hole sait se faire plus rugueux et taper fort quand il le faut. Mais on ne boude pas notre plaisir et on apprécie (le public aussi) un set dans les clous d’un groupe qui n’a rien à envier aux groupes anglais.

Puis Bombay, qu’il ne faut plus appeler Bombay Show Pig comme le précise Linda, la batteuse, dès la fin de la première chanson, débarque sur la petite scène. Et les hollandais ne se font pas prier pour interpeller le public (voire descendre s’y frotter d’un peu plus près comme le fera Mathias, le chanteur/guitariste à plusieurs reprises). Pendant une heure, le duo, devenu un trio sur scène avec un nouveau guitariste, enchaine leurs pépites grunge qui nous avaient déjà bien secoué aux dernières Embellies. Ca secoue, ça fait mousser la bière et ça fait du bien.

Enfin, après un petit quart d’attente, il est là…On voulait le voir et on l’a vu…Egal à lui même…Costume impeccable, moustache rasée, Monsieur Arnaud Rebotini débarque au milieu de sa bande de Black Strobe sur la grande scène du schmoul. Dès les premières chansons, l’homme impressionne par son charisme (d’ailleurs, certaines femmes n’y résisteront pas pendant le concert). Outrepassant les frontières cloisonnéee, du rock du blues ou de l’électro, qu’il soit derrière son micro (une bouteille de vodka à la main ) ou derrière son synthé, Rebotini offre un set généreux et efficace. Sa voix grave d’outre tombe nous remue les tripes là où sa musique nous fait remuer les gambettes. On ne peut d’ailleurs pas s’empêcher de rapprocher son charisme ( la ressemblance physique est aussi troublante) à Dave Gahan, le chanteur de Depeche Mode (avec quelques kilos en plus sur la balance pour Rebotini ). Tous les tubes de Black Strobe s’enchainent : The Girl from the Bayou, Monkey Glands, Broken Phone Blues en passant par la reprise de Johnny Cash Prison Folsom Blues et sans oublier l’incontournable I’m a Man que le groupe s’amuse à étirer pour notre plus grand plaisir. Le blues ne nous a jamais autant fait remuer dans tous les sens.

Le DJ set des Naïve New Beaters nous permettra de nous rafraichir au bar. Ce n’est pas qu’on soit des inconditionnels des prestations des parisiens mais on aurait quand même préféré les voir jouer en live leur dernier album plutôt que les entendre passer la musique des autres. Cependant, cette petite pause nous permettra de constater que Monsieur Arnaud Rebotini sait aussi être disponible pour le public en dédicaçant ses albums, ne rechignant pas devant une photo ou deux et même donner, avec le sourire, un petit conseil coiffure à une jeune fan lui demandant avec quoi il coiffe ses cheveux ( « avec du sperme! », merci Monsieur Rebotini).

Enfin, c’est les hommes en blanc de Strup X qui ont l’honneur de conclure cette soirée avec leur rock clinique. Couplée à des vidéos post apocalyptiques, leur prestation délirante a vite été contagieuse et permis au public de se secouer dans tous les sens avant d’aller se coucher.

Un bel esprit, de la convivialité, de la bonne musique, Pataquès repart très satisfait de son vendredi soir au schmoul.

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