Un concert impromptu refait le match – ALLEMAGNE vs BRESIL

ALLEMAGNE-BRESIL-

Programmé par Itinéraire Bis dans le cadre du festival Pas Sages, le quintette à vent confronte les styles des deux nations à travers un « match-concert ».

Créer un spectacle qui plait à la fois aux critiques de Télérama et L’Equipe magazine n’était pas chose facile et pourtant le quintette Un concert impromptu l’a fait. Avec Allemagne-Brésil, les cinq musiciens s’amusent, en effet, à confronter les styles musicaux des deux nations en mêlant football et musique de chambre, « deux langages universels qui peuvent se jouer partout sur la planète sans parler la même langue » analyse Jean-Christophe Murer, clarinettiste de l’ensemble.

 Une façon de mettre en exergue le plaisir de jouer en équipe

Allemagne-Brésil : une rencontre au sommet, en onze tableaux, pendant lesquels les musiciens chaussent les crampons, courent et s’échangent la musique comme un ballon. Dans une scénographie proche du terrain de foot, les improvisations brésiliennes d’Hermeto Pascoal dribblent à travers les lignes de la Mannscha à moins que ce ne soit le grand Jean Sébastien Bach qui donne une leçon de réalisme aux joueurs de Bossa nova. « Allemagne-Brésil c’est un cliché, à la fois en musique et dans la manière de jouer au football. D’un côté, l’inspiration et les individualités pour le Brésil et d’un autre côté, l’hyper organisation pour l’Allemagne. Les deux styles sont opposables et parfois la richesse nait des oppositions» explique Jean Christophe.

L’idée originale de ce match-concert leur a été inspirée par Hector Villa-Lobos, « un compositeur autodidacte brésilien fortement influencé par la musique de Bach », qui, lui, peut être vu comme le « capitaine » de la composition classique germanique : « Bach est un grand maitre du contre point. Sa musique permet, par ses rythmiques, des juxtapositions avec d’autres styles. On entend du Bach dans de nombreux morceaux. Il est partout et ce n’est pas un hasard ». De quoi permettre au quintette de jouer, sur tous les tableaux (foot, musique, gestuelle), différentes combinaisons de jeu. « C’est aussi une façon de mettre en exergue le plaisir de jouer en équipe » résume le clarinettiste. Et, finalement, lorsqu’on l’interroge sur l’issue du match, Jean-Christophe sourit, fair play : «le grand gagnant, c’est la musique». Bien joué.

Le 18 avril
Centre culturel Mosaïque – Collinée

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