Tresses, Punchlines et Ego trip : Sianna la relève du rap au féminin

Pour ceux qui pensent encore que Mythos se limite au conte et à la chanson française, Pataquès vous conseille d’aller faire un tour à l’Antipode le vendredi 10 avril pour une soirée hip-hop. Au programme, les montpelliérains de Set & Match suivis de la très attendue Sianna. Présentée comme la relève du rap féminin et après avoir partagé la scène avec de nombreux artistes, c’est seule sur scène que Sianna se présente à Mythos et promet d’envoyer un flow débordant d’énergie.

 sianna-bandeau

Tresses, Punchlines et Ego trip : Sianna la relève du rap au féminin

 

Quand on découvre le nom Sianna au milieu de la programmation du festival Mythos, on se dit que le festival rennais n’a pas démérité son titre de « festival des arts de la parole » tant le flow mitraillette de Sianna fait sensation dans le milieu du rap. Il faut dire que depuis la retraite consommée de Diam’s, le rap féminin est toujours à la recherche d’une nouvelle reine et il se pourrait bien Sianna soit une prétendante sérieuse au trône.

Né à Bamako, adoptée à 8 mois, c’est à Beauvais dans l’Oise que Sianna Dawyna (de son vrai nom Anaïs) a grandi. Et grandi vite puisqu’elle écrit ses premières rimes à onze ans et monte son premier groupe, Crack House à seize.

Après avoir usé toutes les scènes des MJC de la région, c’est en 2013 que Sianna se fait véritablement un nom sur la scène nationale en balançant sur le net son premier titre solo Passe moi la télécommande. Repérée par la radio Générations, Sianna devient rapidement la protégée de Mac Tyer (ils font ensemble le titre Appel Marqué) tandis que Soprano, Orelsan et Sefyu la réclament pour faire leur première partie.  Si son écriture ciselée séduit, c’est sur scène que le petit bout de femme aux longues tresses impressionne ses collègues, tous, semble-t-il, épatés par l’énergie qu’elle met à « attraper » n’importe quel public. Précédée d’une telle réputation, sa prestation à l’Antipode n’en est que plus attendue.

En mode Ruskov j’passe le salam, en débitant à la vitesse d’une kalash 

(Siannachnikov)

©Fifou

©Fifou

En attendant, ses titres continuent de multiplier les vues sur Youtube (400 000 pour Siannarabica) et si on peut lui reprocher certaines facilités à aller dans la surenchère actuelle de l’Ego trip, personne ne peut nier la qualité de son écriture et son flow ardent. Ses principales influences sont à chercher outre atlantique. De Beyonce à Tupac en passant par Chris Brown et Lil’Wayne, ses goûts brassent large mais c’est surtout à Nicki Minaj qu’on pense tant la voix de Sianna ressemble à celle de l’interprète d’Anaconda dans sa façon de se poser sur les prods «  à l’américaine », sans pour autant que Sianna ait besoin de jouer la provoc facile en secouant son boob dans tous les sens. De ce côté-là, la française, loin d’être godiche ou potiche, se la joue jeune fille sage derrière ses lunettes contrastant encore plus avec son verbe gentiment provoc. Finalement, si Sianna n’est pas encore la reine du rap actuel, elle se pose comme une artiste à suivre ce qui, en ego trip, revient à dire:

« Attention, j’suis l’porte parole, de toute une génération

Félicitations, sans prétention, mon flow frise la perfection

Tu dois reconnaitre que je suis la règle qui confirme l’exception »

(Kick Off)

 A suivre…


à l’Antipode le Vendredi 10 Avril dans le cadre du festival Mythos

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