The Dizzy Brains

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© Rijasolo / Libertalia Music

Sulfureux et contestataires, The Dizzy Brains viennent expliquer à qui veut bien entendre que Madagascar n’est pas à oublier sur le planisphère du rock libertaire.

Ecouter le morceau 7h du matin sur un vieux vinyle de son père et entendre Jacqueline Taieb chanter « talkin’ bout my ch-ch generation » ; il n’en aura pas fallu beaucoup plus à Eddy Andrianarisoa pour avoir envie de faire de la musique et monter son propre groupe. Mahefa, son frère cadet, étant partant pour prendre la basse : The Dizzy Brains étaient nés. C’était en 2011 à Tananarive, capitale de Madagascar.

 Notre musique est rock mais notre vie est punk

Leur nom, qu’on pourrait traduire par « les cerveaux étourdis », les frères racontent l’avoir choisi en hommage à Dutronc et Gainsbourg pour leurs attitudes sur scène. Avec leurs deux acolytes (Poun à la guitare et Mirana à la batterie) ils ont même fait une reprise de Cactus de Dutronc. « On aime les grands auteurs français Gainsbourg, Lanzeman, Brassens… Sûrement les traces de la colonisation française… » expliquent-ils mais musicalement, leurs influences sont plus à chercher du côté des Sonics, des Ramones ou du velvet. Leur style ? De la distorsion dans les guitares, une batterie qui bûcheronne et un jeu de basse au médiator. Un rock brut, sans artifice avec des sonorités punk à la sauce malgache. « Disons que notre musique est rock mais notre vie est punk » explique Eddy. Il faut dire que le groupe habite l’un des pays les plus pauvres, corrompus et dangereux du monde. « Nous ne pouvons être que punks car on est en permanence dans l’instant. Notre musique reflète ça : un sentiment d’urgence, se faire entendre et supporter la violence du quotidien ».

Même s’ils reconnaissent que leur pays a une vraie richesse culturelle et que la pauvreté n’est pas toujours synonyme de malheur, les Dizzy Brains jugent Madagascar avec fatalisme : « On ne fait que dire à voix haute ce que les gens n’osent pas dire. Mada est le pays de la débrouille. Rien ne se fait sans corruption ou racket. La jeunesse n’est pas rebelle, elle essaie juste de survivre sans se faire remarquer. On traîne dans les rues, on cherche un peu de tunes mais il n’y a pas de boulot alors autant être musiciens».

 Laisseriez-vous votre fille sortir avec un Dizzy Brains

A cet esprit contestataire, chanté en français, en anglais ou en vangy (la langue locale), s’ajoute une bonne dose de sexe, leur second sujet de prédilection. Dans un pays attaché à ses traditions, « la chose » reste un tabou mais le groupe assume. « On fait du rock pour montrer la réalité et pour affirmer ce qu’on cache. Nous, on parle de corruption et de sexe » argumente Eddy, chanteur charismatique dont la dégaine et l’énergie sur scène n’est pas sans rappeler un certain Mick Jagger jeune. « En live, on lâche les chiens. Ça peut vite être destroy » préviennent-ils, de quoi remettre à la mode une certaine interrogation : laisseriez-vous votre fille sortir avec un dizzy brains ?

En attendant, leur réputation sulfureuse leurs vaut surtout d’être boycottés par les radios et d’être rarement programmés en concert. « On passe plus de temps à répéter. Au cas où » reconnaît Eddy. Ce « au cas où » s’appellera Jean-Louis Brossard, programmateur historique des Trans qu’ils remercient car honnêtement « on n’était pas facile à trouver ». Le festival sera pour eux l’occasion de sortir de Tananarive, de prendre l’avion et voir l’océan pour la première fois mais les Trans c’est surtout pour eux : « LE festival des découvertes, là où notre rock a toute sa place ».

Quant au public rennais, ils disent l’aimer déjà. « On nous a dit que les bretons avaient le sang chaud. Ça tombe bien, nous aussi ». Préparez-vous, Les Dizzy Brains arrivent.

Les TransMusicales
Parc Expo – Hall 3
Ven. 4 décembre
22:10 > 23:00

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