Sur rendez-vous – Chris Esquerre

Chris-Esquerre@J-Tholance-web

Avec discrétion, l’humoriste a su imposer son sens de l’absurde pince sans rire en décalage avec l’humour à la mode. Il revient sur scène avec un second spectacle.

D’où est venue l’inspiration, le désir d’écrire ce second spectacle ?
J’avais envie d’écrire un spectacle plus personnel. Le premier, qui est en téléchargement pirate sur le net, j’encourage d’ailleurs les gens à aller y jeter un œil, s’appuyait sur le sketch de la revue de presse des magazines que personne ne lit, ce qui me permettait de raconter tout un tas d’absurdités. Pour le second, j’ai eu envie de faire un spectacle sans fil conducteur. En fait, ce spectacle est né de l’envie d’expérimenter et de l’ennui du précédent spectacle que j’ai joué pendant 3 ans.

Ton humour est basé sur le décalage, l’absence de vannes et de chutes. Comment appréhendes-tu les premières réactions du public ?
Je ne viens pas tester le spectacle en pro- vince avant Paris, si c’est ça ta question. Ce n’est pas ma façon de faire. Le public ne demande pas à manger un yaourt qui a été testé pendant plusieurs mois pour convenir au plus de personnes possible. L’humoriste qui fait du stand-up à vannes est tenté de tester son spectacle pour l’optimiser car Il faut qu’il n’y ait aucune erreur. Moi, je ne fais pas de vannes parce que je ne sais pas en faire, donc je propose autre chose. Avec ce spectacle, je sais que ça va rire ici ou là mais c’est avec les premières représentations que je vais découvrir ce qui fait vraiment rire les gens. Et je ne vais rien changer du spectacle pour autant. Mon métier c’est de partager ce qui me fait rire et pas de trouver ce qui fait rire les autres.

Dans tes interviews, tu parles souvent de ton métier, tu le théorises beaucoup. Humoriste est un métier comme les autres ?
Oui. Je n’ai plus les contraintes que je pouvais avoir avant (il était consultant en entreprise,ndlr). J’ai la chance d’avoir une place avec de la liberté. Il y a de l’incertitude mais je m’y fais très bien. Mais ce n’est pas parce que tu aimes faire ce métier que tu ne peux pas tomber dans une routine avec lassitude et doutes. Cela me pousse à chercher des idées nouvelles pour faire revenir le désir. Humoriste, c’est un métier dans le sens ou faire rire ne va pas de soi. Ce n’est pas parce que tu aimes faire l’amour que tu vas devenir un bon hardeur (rires).

 

J ‘aime beaucoup Arlette Chabot 

Tu vas entamer la saison 3 d’Importantissime sur Canal +, un programme court qui caricature les coulisses de la télé. Canal + sous Bolloré n’est-elle pas devenue plus caricaturale que Importantissime ?
(Il sourit). Non je ne pense pas. Il y a de la marge. En ce moment il y a un petit côté cirque avec l’arrivée de Bolloré et tous les changements. C’est comme un roman mais, à y regarder de près, dans la fabrication des programmes, Canal n’est pas devenue plus caricaturale que les autres. Je m’inspire plus des autres chaines au contraire. Je me sens bien à Canal. On me fout une paix royale.

A la télé ou la radio, tu bouges tout le temps. On a l’impression que tu ne cherches pas à t’imposer ou à conser- ver ta place. Un peu comme un humoriste free lance. C’est la peur de t’ennuyer ton moteur ?
C’est tout à fait ça. Si je m’ennuie, j’ar- rête. Mon moteur c’est de me renouveler, d’avoir le frisson de prendre des risques. Un truc d’orgueil aussi de proposer quelque chose qui ne ressemble pas à ce que font les autres. Je préfère que ça soit moins vu mais que cela me ressemble plutôt que devenir le comique le plus populaire avec un humour plus passe par- tout. Je ne vais pas chercher à aller aux Etats-unis pour tripler mon public mais j’aimerais plutôt que les gens qui aiment mon travail soient à nouveau surpris.

Sur ton site internet, on peut télécharger des pochoirs d’Arlette Chabot. C’est un modèle pour toi ?
J’avais fait ça pour un sketch sur la jeu- nesse révoltée (rires). Pour ma génération (il a 41 ans,ndlr), Arlette Chabot c’est comme Goldorak, une référence liée à l’enfance. C’est une icône. Je l’aime beaucoup, sans vraiment savoir pourquoi. Elle a l’air intemporel. Elle joue les sérieuses mais doit être très drôle.

Où ? Quand ?
Le 15 octobre à Solenval – Plancoët
chris.esquerre.free.fr 

 

 

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