ROVER – Sur les routes

 

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En 2012, un colosse débarquait dans le magasin de porcelaine du showbiz musical français et cassait la baraque avec son tube Aqualast. Quatre ans plus tard, Rover, le crooner, de son vrai nom Thimotée Régnier confirme son statut et s’impose humblement comme l’ïcône rêvée d’un rock romantique, éthéré et libéré.

Comment as-tu vécu cette soirée  (Les innocents ont remporté la victoire, ndlr) ?
J’étais d’abord très heureux d’être sélectionné parmi les trois disques rock de l’année. Pour moi, c’est déjà une petite victoire. Quant à la soirée, je revenais d’un concert en Italie et j’ai suivi la soirée à la radio. J’avais un petit doute concernant la victoire donc je n’ai pas vraiment été surpris. Il y a une forme de déception car c’est toujours un plaisir d’être récompensé mais ce n’est pas une fin en soi.

Comment te sens-tu dans le paysage musical français  ? Ta musique ne s’inscrit pas vraiment dans la tradition française ?
Oui, mes influences sont anglo-saxonnes et ma démarche est clairement anglosaxonne. Ayant grandi aux Etats-Unis, cette influence m’est venue assez tôt. C’est une manière de travailler qui me convient et c’est comme cela que j’aime faire des disques, ce qui ne m’empêche pas de me sentir 100% français. Il ne faut pas se limiter à être franco-français. C’est bien de mélanger les genres, c’est ce qui va enrichir le paysage français. Il faudrait d’ailleurs plus de gens à sortir des musiques à l’italienne ou à l’allemande (rires).

Let it glow est ton second album. Comment as tu abordé son écriture après le succès du premier disque ?
J’ai laissé les choses venir. Les chansons sont venues d’elles-mêmes. Tout l’album s’est fait de façon la plus naturelle possible, du choix du studio à la scène, j’ai envisagé Let it Glow avec sérieux mais sans me prendre au sérieux. Juste le plaisir de savourer la chance que j’ai de faire un disque et de le défendre sur la route. Des petites choses que je n’étais pas apte à apprécier sur le premier disque qui a été une sorte de tourbillon.

On sent une nette différence entre les deux albums. Rien que pour le choix des visuels. Sur le premier tu semblais apeuré, pour Let it glow tu sembles plus affirmé…
Ils sont comme des miroirs. Ils se répondent et ils sont autonomes. Et pourtant ils ont été écris et interprétés par la même personne mais avec les années, j’évolue. Mes vêtements changent. Mes influences changent aussi un peu.

Let it Glow est plus épuré, plus dans la retenue aussi.

Rover-Gassian-1836bisEn découvrant le visuel de Let it Glow, on a pu se dire  : « Ok, Rover va la jouer rock star » alors que l’album est plus épuré que le premier…
Il est plus humble et plus dans la retenue. Il y a toujours le risque de s’embourgeoiser sur un deuxième disque, d’avoir plus de moyens parce que le premier est un succès. Moi, j’ai voulu tout le contraire. J’ai voulu un studio plus difficile, 100% analogique, je ne voulais pas écrire Rover sur la pochette etc… Je trouve cela intéressant de faire plus avec moins. Il n’y a que comme ça que l’on arrive à se renouveler : ne jamais s’installer dans un confort.

Justement tu as enregistré dans les studios Kerwax. Pourquoi avoir choisi ces studios des Côtes d’Armor ?
J’ai passé beaucoup de temps en Bretagne. Ma mère est bretonne et mes parents y vivent. C’est une région qui me parle. J’y ai écrit beaucoup de chansons et dès que j’ai découvert ce studio, j’en suis tombé amoureux et des gens qui le tiennent aussi. Ils ont une vraie dévotion pour la musique faite « à l’ancienne ». J’y ai passé trois mois formidables et j’y retournerai certainemt.

Tu parles d’enregistrement « à l’ancienne ». Te reconnais-tu dans l’image « rock vintage » ?
Bien sûr même si le mot enveloppe énormément de chose aujourd’hui. Pendant l’enregistrement j’ai gardé beaucoup d’aspérités : des bruits de pas, des bruits de l’extérieur… Tout ce qu’on appelle défauts aujourd’hui et que certains auraient effacé mais, moi, c’est ce qui me plait. Le son est mis en perspective dans un espace à un instant t. C’est comme une photographie et il n’y a pas de retouches, ni de photoshop (rires).

Je suis amoureux de ma musique. J’aime la retrouver tous les soirs

Tu as commencé ta tournée. Ton regard sur l’album a-t-il changé avec les concerts ?
C’est l’avantage d’une tournée. Je vais pouvoir prendre du recul sur ce disque. Comme il est très organique, il évolue avec le temps. Je l’apprécie pour d’autres raisons qu’il y a trois mois. Mes disques sont mes partenaires de routes, c’est plutôt bon signe de les redécouvrir au fur et à mesure. Si ce n’était pas le cas, je serais assez malheureux.

Tu es du genre à dire que tu aimes ta musique ce qui est rare dans un milieu qui joue les faux modestes.
J’assume. Pour pouvoir jouer sa musique tous les soirs, c’est important de l’aimer. Sinon, c’est comme être en couple et ne pas aimer sa femme. Je suis amoureux de ma musique dans le sens où j’aime la retrouver tous les soirs (rires).

Ta voix fait le grand écart quasiment dans chaque chanson. Comment la gères-tu pendant la tournée ?
Je suis autodidacte. Je n’ai jamais pris de cours et je ne l’entretiens pas du tout. Je suis même fumeur. Je dois jongler avec ses caprices et ses exigences. Elle me surprend, soit elle est très en forme, soit elle est capricieuse mais c’est ce qui fait des concerts uniques. Mais pour l’instant, elle ne m’a pas fait faux-bond, c’est plutôt rassurant !

Entre la guitare et ta voix, quel est ton instrument préféré ?
Je dirais la basse (rires).

Lennon et Bowie sont tes influences majeures. Comment as-tu réagi à la mort de Bowie ?
Comme j’aurais réagi à la mort de Lennon. (Il réfléchit). C’est dur de s’exprimer sur le deuil mais je me suis dit qu’il sortait par la grande porte. Il est parti comme un artiste, en sortant un disque superbe après des années d’absence. Même si je ne pense pas qu’il ait choisi la date de sa mort, c’est la preuve d’un grand artiste qui a mis en scène sa vie du début jusqu’à la fin et il va nous manquer.

Si je n’avais pas Rover je serais plus taiseux et casanier

Est-ce que tu te caches derrière Rover ?
Non, au contraire. Rover me permet de me révéler. Si je n’avais pas Rover je serais beaucoup plus taiseux et casanier. Monter sur scène, c’est une mise en lumière. Rover est un habit qui me permet d’interpréter mes chansons sans complexe. Rover est comme un tabouret en fait et j’aime bien être en haut (rires).

On le sait peu mais avant d’entamer une carrière de chanteur tu souhaitais devenir rugbyman. Tu es toujours passionné ?
Oui bien sur.

Que penses-tu de la nouvelle équipe de France  ? (on est en plein tournoi des six nations, ndlr)
Je n’ai malheureusement pas pu voir les deux derniers matchs car j’étais sur la route mais avec Guy Novès, ça devrait le faire. Cela fait longtemps qu’on avait envie qu’il soit à la tête de l’équipe. J’ai vu les résultats et ce n’est pas trop mal. Je sais que certains sont sceptiques mais les résultats sont là. On va voir la suite…

Deuxième chose que peu de gens savent : tu es aussi acteur…
Oui, au grand dam des cadreurs qui n’arrivent pas à me cadrer (rires).

Aimerais-tu renouveler l’expérience ?
J’ai eu la chance de participer à quelques films, je me suis amusé mais je n’ai pas une carrière qui se lance. C’est juste le plaisir de participer à des projets qui me parlent et qui me touchent.

Si tu devais choisir un réalisateur avec qui tu aimerais travailler…
J’aimerais beaucoup jouer pour Woody Allen.

Où ? Quand ?
le 18 mars au C.C Jacques Duhamel – Vitré
le 8 avril à La Nouvelle Vague – Saint Malo
le 9 avril à L’Estran – Binic
le 23 avril, au festival Mythos – Rennes
le 15 mai au festival Art Rock – Saint Brieuc

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