Regards sur la mort indonésienne

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Pour le festival Photoreporter, la photo-journaliste Glenna Gordon raconte comment les indonésiens appréhendent la mort. Elle nous en a parlé.

Si on devait ne garder qu’une qualité au festival Photoreporter à Saint-Brieuc et au photoreportage de manière générale, c’est de donner à voir le monde à travers différentes cultures et différents s points de vue. The end is the beginning, le reportage de Glenna Gordon en est le parfait exemple. La new-yorkaise, lauréate du world press 2015 y raconte comment les indonésiens appréhendent la mort sans crainte, comme un simple épisode a de l’existence humaine au même titre qu’une naissance ou un mariage.

 

La mort n’est pas une fin mais le début d’un nouveau cycle

 

Son reportage, permet de découvrir que les familles indonésiennes conservent le corps du défunt des semaines voire des mois entiers: « Les corps sont embaumés et conservés dans un cercueil dans la maison en attendant que la famille économise l’argent nécessaire aux funérailles. Les proches viennent se recueillir et partagent des cigarettes, du thé, des sucreries… tout ce qu’ils partageaient dans la vie, ils le font dans la mort » explique Glenna, « pour eux, la mort n’est pas une fin mais le début d’un nouveau cycle ». La journaliste a photographié aussi une cérémonie de crémation collective à Bali. « J’étais très mal à l’aise en y allant. Je suis petite fille de quatre survivants de l’Holocauste. Le reste de ma famille qui venait d’Europe de l’Est y est morte. Je ne pouvais alors m’empêcher de penser aux camps de concentrations mais en réalité, j’ai découvert un évènement festif. Les gens y sont chaleureux. J’étais comme consolée vis à vis de ce poids familial » confie la journaliste pour qui ce reportage fait aussi écho à son métier. Si elle avoue ne pas « souvent penser à la mort », elle y est confrontée régulièrement par son travail dans des zones de conflit (elle a travaillé dix ans en Afrique, couvrant les enlèvements de Boko Haram ou la guerre civile au Libéria) : « J’ai perdu des amis, des collègues dans des conditions tragiques. D’une certaine manière cela a influencé mon désir de faire ce reportage mais The end is the beginning m’a surtout permis d’aller de l’avant, d’être heureuse de pouvoir faire un métier utile, de donner de l’espoir et de l’amour car je sais maintenant que la fin n’est en fait qu’un autre début ».

Où ? Quand ?
Du 1er au 30 octobre Carré Rosengard – Port du légué – Baie de Saint-Brieuc
www.festival-photorepoter.fr 

 

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