PERDUS DANS LES LIMBES

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Photographe argentin, Jeremias Gonzalez vit à Rennes depuis six ans. Se définissant lui-même comme un photo-documentaliste, Il photographie, depuis deux ans,la «jungle» de Calais. dans un noir et blanc ténébreux. Au Carré d’art de Chartres de Bretagne, il expose ses œuvres sous le titre, Perdus dans les limbes.

 « J’ai commencé à aller à Calais en 2014 et j’ai vite été accepté par les gens qui y vivent. Depuis 2014, j’ai vu une évolution impressionnante. On est passé de 600 à 6000 personnes. Avant, il existait plusieurs camps qui étaient séparés par commodité. Puis, petit à petit, les autorités ont commencé à les démanteler et à réunir tous les migrants dans ce qu’on appelle aujourd’hui, la new jungle. C’est un lieu terrible et selon moi les tensions sont obligées: les gens vivent dehors, dans le froid, sous la pluie et toutes les communautés sont mélangées. les conditions sont réunies pour que ça se passe mal mais à l’inverse ça se passe plutôt bien. Ces gens ne sont pas là par choix mais parce qu’il y a la guerre chez eux et nous ne ferions pas mieux si nous étions à leur place.

Cette photographie est importante pour moi car c’est un peu celle qui m’a inspiré le titre de l’exposition, Perdus dans les limbes. Elle a été prise dans un Camp appelé « la Jungle de Tioxide » car près de l’usine pétrochimique Tioxide. C’est un ancien gymnase aujourd’hui désaffecté.

Toutes les portes sont condamnées et on ne peut y rentrer que par un trou. Quand j’y suis allé, début 2015, je suis tombé sur une vision terrible : il y a des centaines de tentes, pleins d’odeurs, pleins de fumées car les gens se chauffent au bois. J’avais l’impression de retourner vers le passé et, en même temps, il y avait une dimension biblique et catastrophique.

Pour les migrants, l’Angleterre est le Paradis. Et même si, l’Angleterre est loin d’être le paradis pour eux puisque la plupart travailleront illégalement, c’est toujours mieux que la guerre. En attendant, ils sont là et en même temps, ils sont coincés dans des conditions horribles.

Avec mes photos je ne veux surtout pas faire de misérabilisme juste montrer le visage humain des migrants. Au-delà de la dimension esthétique, mon métier est de montrer les choses selon mon point de vue et essayer de donner une voix à ceux qui n’en ont pas et ainsi stimuler l’opinion publique. La jungle est une dure réalité. Il faut témoigner parce qu’elle existe.»

Jeremias Gonzalez.

Où ? Quand ?
du 10 mars au 16 avril
Carré d’art – Chartres de Bretagne

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