Peintures de guerre – Le perchoir aux enfants

 

Le Perchoir Aux Enfants de la rue Blériot

 

Derrière le pseudo Peintures de guerre se cache Poïti Terorotua, jeune artiste trentenaire parcourant les rues de Rennes avec ses bombes et ses pinceaux pour y peindre ses fresques. Adepte du live painting et inspiré par l’enfance, Poïti a accepté de décrypter pour nous une de ses dernières fresques, Le perchoir aux enfants, rue Louis Blériot, près de la gare de Rennes.

 

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La rue Louis Blériot à Rennes est une petite rue en sens unique empruntée par de nombreux piétons du quartier pour rejoindre la gare ou le pont de l’Alma, passage obligé pour traverser la voie ferrée, vers le colombier, l’esplanade DeGaulle, le centre. La rue est dans la zone du projet d’aménagement du quartier de la gare : EuroRennes. Certaines habitations sont déjà murées. En haut de la rue, une dame en appartement profite encore de son jardin côté chemin de fer. Elle y cultive quelques légumes et élèves des poules. Son coq, mascotte de la rue, donne au quartier des allures de village. L’ambiance est paisible. Les véhicules empruntent plutôt la rue parallèle.

Le parking, dont le mur du fond sépare des chemins de fer, vit au rythme métallique des passages de trains sortants ou entrant en gare. Du haut de mon échafaudage, perché avec les enfants et les chats, je m’arrête parfois pour contempler le défilé de wagons.
Les enfants ont l’air de rêvasser et d’être attentifs à la fois. C’est comme s’ils s’étaient donnés rendez vous. Le spectateur qui les surprend n’ose pas les déranger. Il se poste derrière eux sans bruit et attend que quelque chose arrive…

A heure régulière, les chiens du quartier me rendent visite. Depuis quelques temps, je squatte leur terrain. Ils vont faire leur crotte à l’autre bout, en aboyant sur moi.

En voyant la fresque en cours, deux enseignants viennent me parler. Mon « Perchoir aux enfants » leur rappelle leur « Jardin Perché », spectacle crée avec leurs élèves et avec la compagnie de théatre Légitime Folie. Ils me racontent les grandes lignes de l’histoire, le jardin abandonné sur les hauteurs de la ville, les enfants qui s’y retrouvent… C’est comme si j’avais illustré l’histoire…
Le lendemain, je décide alors de peindre un visage de vieux sur le mur en plâtre, vestige d’un intérieur de maison. Comme dans le spectacle, il prendra peut-être le temps d’écouter ce que les enfant ont à dire. J’écris aussi quelques paroles de chansons tirées de ce spectacle qui est uniquement joué par des enfants.

Le chien dort, les chats ronronnent, les enfants inventent…

Chacun joue sa mélodie. Les hirondelles se posent. Les notes s’envolent. Un train passe…

Poïti, Rennes, juin 2014.

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