Moscou babylone d’Owen Matthews – Critique

 

Moscou Babylone

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La décadence à la moscovite.

« En Russie, j’ai aimé et j’ai tué. Et j’ai découvert que, des deux, c’est l’amour qui est le plus terrible ».
Dès le début, Moscou Babylone prend les allures d’une tragédie russe, celle de son narrateur dans la jungle moscovite des années 90. Roman Lambert, jeune expatrié britannique las des bonnes manières anglaises, décide d’explorer ses origines russes maternelles dans la Russie post-soviétique découvrant l’ivresse du capitalisme sauvage. Roman devient « vendeur de poudre aux yeux » dans une agence de relations publiques et semble s’épanouir dans l’univers sans scrupule des nouveaux riches moscovites entre drogues, luxe et corruption. Il y rencontre Sonia aussi belle que fragile et droguée dont la relation amoureuse le conduira à commettre l’irréparable. Elle l’avait pourtant mis en garde (« tu essaies d’être russe, d’être fou mais tu n’es qu’un bon petit garçon ») mais Roman comprendra trop tard qu’une moitié russe ne suffit pas pour comprendre «  l’âme russe » sans se faire « bouffer » par Moscou, la dépravée.
Un roman vertigineux et lucide face à la décadence d’une civilisation. Moscou Babylone ou l’Apocalypse selon Roman, loin d’être un saint.

Moscou Babylone
d’Owen Matthews – Editions 10/18 – 8,40 € – 397 pages

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