LOUISE ROAM – La belle errance

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© Sylvia Borel

Après son passage remarqué aux TransMusicales, Louise Roam revient à Rennes pour les Embellies avec son électro mélancolique. Portrait d’une artiste révélée.

«  To roam  », en anglais, signifie errer, vagabonder mais il semblerait que Louise Roam, Aurélie Mestres de son vrai nom, ait trouvé son chemin et sache où elle veut aller. « Louise Roam n’est pas un personnage derrière lequel je me cache comme Ziggy Stardust pour Bowie mais au contraire un projet très intime, sans filtre, ni mensonge » nous explique la musicienne, à l’image de la pochette de son second EP, Avaton où la belle androgyne
se met à nu et nous fixe droit dans les yeux, les siens au bord des larmes pour offrir une musique à fleur de peau.

« Avant, je ne m’étais jamais considérée comme une chanteuse »

Violoniste de formation, amoureuse des Beatles et Beethoven, Aurélie s’est essayée au trombone et à la guitare avant de découvrir l’électro, il y a dix ans, sur le tard, dit elle : « J’ai tout de suite été fascinée par cet univers et ce bpm (nombre de battements par minute, ndlr) figé et binaire. Je me suis dit qu’on pouvait faire respirer cette musique». Résultat  : une électronica organique, épurée et rêveuse, empreinte d’une suave mélancolie qui trouve son inspiration dans ses voyages. Raptus, son premier EP, tout en introspection, a été composé en Suède, seule face au silence et à l’immensité d’une forêt. « Je me suis écoutée et j’ai vu ce qui se passait en moi. A des moments, je suis devenue tarée » avoue t-elle. La composition de ces «  paysages sonores  » est une expérience difficile et laborieuse dont elle peine à se remettre. Avaton (« un lieu pur  » en grec), sera, lui, plus ouvert sur les autres et imaginé comme le journal de bord d’un voyage en Grèce. « J’y étais déjà allé et j’étais très préoccupée par ce que vivent les grecs aujourd’hui. Je n’ai pas vu de gens malheureux, je n’ai vu que des gens résignés mais debout » dit-elle.

Avec ces quatre titres, « plus jetés mais paradoxalement plus finis  », Louise Roam interroge l’humanité, son passé, son avenir et fait un pas vers la pop en assumant pleinement son chant, doux et flottant comme celui de Romy Madley Croft de The XX ou Ruth Radelet de Chromatics. « Avant, je ne m’étais jamais considérée comme une chanteuse » reconnaît Aurélie. C’est sa collaboration avec le groupe Saycet qui lui offre l’occasion de prendre des cours de chant. « J’ai découvert un nouvel instrument que j’aime travailler et qui m’a donné envie d’aller vers des morceaux plus construits et plus mélodieux ». Une façon d’annoncer un prochain disque ? « J’ai envie de partir en Sicile, de m’enfermer dans une vieille maison en pierre face à la mer et voir ce qui se passe ». Le voyage de Louise Roam ne fait que commencer…

Le 3 mars
Festival Les Embellies
(Rennes)

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