Les 10 choses à retenir de Bobital 2015

Du soleil, une programmation équilibrée, un public populaire et passionné qui répond présent : la septième édition de Bobital, l’Armor à Sons est un joli succès. Retour sur deux jours de festivals. 

 

Les 10 Choses à retenir de Bobital 2015

 
Bobital
 

 1 – Un record 

Le cap des 7 ans est une petite victoire pour Bobital. En effet, avec 18 000 festivaliers dont 16 000 entrées payantes, l’édition 2015 est un succès et un nouveau record d’influence pour le festival version l’armor à sons. Grâce à une programmation séduisante et équilibrée, dont deux bons coups de programmateurs (la famille Chedid et FFS, les deux têtes d’affiche pour leur seule date dans le grand ouest), le festival prouve qu’il a trouvé la bonne formule et la bonne taille pour exister sur le long terme.

2 – La canicule

Tous les festivals aiment le soleil. Peut être un peu moins la canicule. Tous les festivaliers aiment le soleil. Peut être un peu moins les coups de soleil.
Le mercure a grimpé en flèche ce week end et la plaine du Louvre était un four à ciel ouvert. Au camping, certains lecteurs bien avisés ont usé de leur Pataquès pour s’éventer (après lecture) quand d’autres, (beaucoup d’autres) ont su trouvé la route la plus courte pour les mener au bar le plus proche pour s’hydrater tandis que les agents de sécurité sortaient de temps en temps les jets d’eau pour rafraichir les premiers rangs.

Entendu dans le public : « J’ai jamais autant suer du cul »
 

3 – Les révélations ont assuré

Jamais facile de lancer les festivités et d’occuper la place un peu « bâtarde » du premier concert de la journée et pourtant, Light in Cities le vendredi et Fuzeta le samedi ont su séduire avec panache et élégance les premiers festivaliers de chaque journée.

Vainqueurs du tremplin Bobital, les cinq membres de Light in Cities ont bossé dur pendant trois mois pour sortir, deux semaines avant le festival, leur second ep, Push me Down. Cinq titres séduisants dont ils ont pu dévoiler tous les aspects les plus sautillants sur scène. En quarante minutes chrono, les jeunes loudéaciens ont su, d’un côté, montrer qu’on peut démarrer un festival à 18h15 avec le sourire et prouver, d’un autre côté, qu’ils étaient prêts pour des scènes de plus grande envergure.

Fuzeta ©Pataquès

Fuzeta ©Pataquès

Les membres de Fuzeta (trois frères et un ami d’enfance) sont, quant à eux, un peu plus rodés à la scène puisque le groupe a enchainé les dates depuis les Trans 2014 et leur victoire du Prix Ricard S.A Live 2015. Malgré l’aspect intime (ils y parlent de leur enfance) et intimiste (leur enfance parlent finalement à tout le monde) de leur musique et leur très beau premier ep, Dive, ils ont su bercer la plaine du Louvre, par des harmonies vocales aériennes et des mélodies lumineuses à rendre jaloux Bon Iver. Pataquès en parlera plus longuement, prochainement mais, en attendant courez les voir sur scène, leur tournée touche à sa fin (dernière date : Au Pont du Rock à Malestroit).

Entendu dans le public : Deux jeunes femmes devant Fuzeta :  
« – Il a des beaux yeux le guitariste du milieu… 
- C’est un bassiste ! » 
 

4 – Nos chouchous ont assuré.

Birth of Joy 2Nous pouvons les voir et les revoir, nous nous en lassons pas.
Quelques semaines après la sortie de leur album live, enregistré en janvier à l’Ubu de Rennes, les trois nonchalants de Birth of Joy (dont le chanteur nous fait de plus en plus penser à Rahan mais le fait que Pif gadget soit ressorti cet été doit être une explication) ont su prouver, dans la chaleur étouffante du festival, qu’ils étaient toujours des bêtes de scènes, aussi à l’aise dans une petite salle que sur les grandes scènes de festival et la vraie gageure rock de ce vendredi soir.
Quant à Hanni El Katib, nous pourrions nous contenter de dire : déjà vu mais tellement bien. Relancé par son excellent troisième album MoonLight, se permettant de diluer des influences hip-hop dans son blues rock, le plus cabotin de tous les californiens, a fait le boulot après le show F.F.S. Jouant de sa mèche pour séduire les femmes et de sa guitare pour convaincre les hommes, bien entouré par ses musiciens, pendant une heure, Hanni el khatib a fait voyager Bobital (la chaleur aidant!!) sur les routes de Los Angeles.

 

5 – « Les collaborations fonctionnent bien »

Louis et Mathieu ChedidCette édition 2015 était marquée par la présence de deux « super-groupes intergénérationnels » : avec d’un côté le rassemblement inédit des membres d’une même famille : le famille Chedid et de l’autre côté, la fusion surprenante de deux groupes déjà existant : Franz Ferdinand et Sparks pour F.F.S.
En effet, si certaines familles se réunissent le dimanche autour d’un rosbif, la famille Chedid s’est, elle, réunie pour une tournée, autour des deux figures populaires que sont Louis et Mathieu alias M accompagnés par Anna et Louis, reprenant les standards de chaque répertoire, le tout pour un rassemblement familiale aussi bien sur scène que dans le public.
Depuis quelques temps, le rock de Franz Ferdinand s’était mis sérieusement à ronronner et il fallu que les écossais bossent avec deux septuagénaires pour retrouver un peu de pêche. Boosté par un album joliment produit et quelques tubes en puissance dont le sautillant Johnny Delusionnal (l’entame du concert), les 6 membres de FFS s’éclatent sur scène avec une vraie complicité et toujours une ironie mordante. L’occasion aussi d’entendre, pour la première fois, pour nous en tout cas, une version Live réjouissante de This Town Ain’t big enough for both of us, une madeleine de pop qui balaye tout sentiment de nostalgie tant Sparks nous donne encore et toujours envie de danser. Après avoir chanté leur titre, Collaboration don’t work, Russel Mael de Sparks et Alex Kapranos de Franz Ferdinand ont pu lancé au public, en français dans le texte, un « Les collaborations fonctionnent bien » plus que convaincant.

Entendu dans le public : Une femme d’un certain âge : «  Je ne suis pas là pour Franz Ferdinand,  je suis là pour Sparks parce qu’ils sont de ma génération et parce qu’ils étaient décadents comme ma génération savait être décadente »

FFS
 

6 – Le phénomène Fauve ne s’essouffle pas.

Fauve-1Nous ne chercherons pas ici à départager les lovers des haters de Fauve tant le divorce semble, chaque jour, un peu plus consommé. Le fossé est si grand entre les deux camps (comme le prouvent certaines conversations entre festivaliers) que nous ne chercherons même pas à convaincre les uns ni à contredire les autres, la vérité se situant vraisemblablement à équidistance des deux camps.
Mais, alors que l’avenir du groupe est plus que flou (voir notre interview), le concert de Bobital nous a permis de constater, que le phénomène Fauve ne s’essouffle pas même après une longue tournée de zénith et que le public se présente toujours en masse à leurs concerts. La génération Fauve semble bien décidée à vouloir continuer de niquer le blizzard. Soit.

 

7 – Naaman est populaire.

NaamanIl faut commencer par avouer une chose : nous nous étions que très peu penché sur le cas de Naaman avant de le découvrir sur scène à Bobital et force est de constater que le jeune homme, originaire de Dieppe, est porté par une jolie ferveur populaire. La foule, très jeune, était déjà massée devant la scène 2 bien avant le début du concert si bien que le chanteur, de son vrai nom Martin Mussard, n’a pas eu besoin de faire beaucoup d’effort pour faire bouger la foule sur son reggae old school. Les bras levés, les reprises en coeur ont su ravir le chanteur qui a offert un set généreux.
Il faut reconnaitre qu’un tel enthousiasme pour du reggae français, nous n’avions pas vu ça depuis… pffiou… depuis…

Entendu dans le public :  « Le mec, il est blanc, il est blond, il n’a pas de dread mais on dirait qu’il a passé toute sa vie en Jamaïque ! »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

8 – Tout n’était pas extraordinaire.

Bénabar, le gendre idéal de la variété française, fêtait à Bobital ses 20 ans de scènes l’occasion de constater que nous nous sommes un peu, beaucoup lassés de ses chansons (à textes). Assumant de plus en plus son statut de chanteur de bal dans sa jolie veste blanche, notre Michel Delpèch 2.0, a offert un set à la hauteur de son répertoire. Nous mettrons juste cette déception sur le compte de l’usure du temps…

Entendu dans le public : «  Il a du se faire une permanente, il a beaucoup de volume dans les cheveux, je trouve. »

benabar

Quand votre fiche wikipédia commence par « Josef Salvat, né le 28 octobre 1988 à Sydney, est un chanteur australien, connu pour sa reprise de Diamonds de Rihanna en 2014. », tout est dit et vous devez savoir que votre carrière ne durera qu’un été… Josef Salvat, chanteur à minette avec son sourire ultrabright était l’élément sans saveur de la programmation, enchainant ses pop songs insipides comme on en entend à la pelle sur les radios FM et dont, effectivement, nous ne retiendrons que sa reprise de Diamonds. Pour info, le jeune homme parle un français impeccable.

Entendu dans le public : «  Ah, ok, c’est lui qui chante ça! », quand Josef débute Diamonds en milieu de set.

 

9 – Le duel 2 Many DJs / The Avener.

The AvenerLa nuit du vendredi était l’occasion pour le public de choisir son camp entre les vieux routards des festivals, 2 Many DJs et la nouvelle sensation de la scène électro, The Avener, porté depuis quelques mois, par son tube Fade out Lines.
D’un côté, les deux frangins, dans un décor sobre (en fait, aucun décor) et de l’autre côté, The Avener, en solo, au centre d’une structure pyramidale lumineuse.
Au final, nous aurons une légère préférence pour 2 Many DJs, le duo envoyant du gros son pour se défouler même s’il faut reconnaitre que le set de The Avener n’était pas si fade (out lines) que ça, contrairement à son passage aux Trans Musicales qui nous avait laissé un peu sur notre faim.

Entendu dans le public : « The Avener, t’as pas l’impression qu’il mixe que de la musique de pub?!! »

 

10 – Les gars de Salut, c’est cool ont foutu le bordel

Salut c'est cool 2Pour le tout dernier concert du festival, la coupe mulet, le jogging nylon, les lunettes Francis Holmes et les sandalettes méduse étaient de rigueur pour accueillir les dingos de Salut, c’est cool et il faut bien avouer que les parisiens ont offert au public de Bobital un show à la hauteur de leur réputation. Ne se prenant jamais au sérieux, déroulant leur techno basique simili-gabbers, ridant sans filet entre le délire potache et la performance Arty (ils sont tous en école d’art), Salut c’est cool chantent faux, sont intenables sur scène, s’offrent des bains de foule communicatifs, partagent avec le public des pages de nuanciers de couleurs (!!!) et font reprendre en coeur leur tubes (Tony Hawk, Le son sort des enceintes, La purée…). Un set de dingue qui laisse soit pantois soit surexcités. Le public a adoré, les agents de sécu un peu moins…

Entendu dans tout le public : « Techno, toujours pareil. Boom Boom dans les oreilles »

Les photos en Diaporama

  • Birth of Joy ©Pataquès
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