Léna Jestin, éditrice éveillée

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En début d’année, la jeune briochine s’est lancée dans l’aventure de l’édition. Son envie ? Editer les « archives dormantes » conservées par des particuliers. 

La vie est faite de hasard. Après ses études de Lettres à Rennes, Léna Jestin se retrouve, de petits boulots en petits boulots, responsable d’un « immense magasin de vêtement, bien loin de la littérature » comme elle dit. Mais, lassée par la vie parisienne et le commerce, Léna décide en 2014 de revivre dans son Saint-Brieuc natal. Sans réel projet, c’est la découverte d’un manuscrit qui lui donne envie de se lancer dans l’édition : le récit d’Henri Ansroul, briochin décédé en 2003, qui coucha sur papier en 1990, ses mémoires de soldat pris dans la tourmente de la guerre d’Indochine. « Au début, c’est son fils qui m’a confié le manuscrit pour le taper à l’ordi, pour que ses enfants et petits enfants en gardent une trace mais je me suis prise de passion pour cette histoire. Je trouvais dommage que ce texte ne soit confiné qu’à la famille » raconte Léna. Ainsi, la maison d’édition, Les archives dormantes, est née et la ligne éditoriale, toute tracée : publier des témoignages conservés par des particuliers.

 

Transmettre une petite histoire dans la grande

 

Le joli succès de La Tombe d’Hanoï, tiré à 1000 exemplaires, lui permet de faire, en septembre sa première rentrée littéraire avec un second ouvrage, 2710 jours. Un autre récit de guerre, celui de Lucien Violleau, agriculteur vendéen, qui réussit à tenir un journal intime alors qu’il fût prisonnier de guerre de 1940 à 1945. « C’est un livre touchant, sans prétention et d’autant plus intéressant qu’il y a très peu de témoignages de prisonniers et surtout sous cette forme » retient la jeune éditrice  qui découvrit le texte grâce au spectacle de Damien Pouvreau qui avait adapté sur scène les carnets de son propre grand-père. Léna s’est reconnue dans cette volonté de « transmettre une petite histoire dans la grande ». Quant à l’avenir, Léna l’envisage sereinement. Elle propose des versions e-book de son catalogue, des tirages familiaux à 20 ou 30 exemplaires pour ceux qui ne souhaitent pas être en librairie, reçoit de nombreuses propositions de manuscrits et « aimerait publier en 2017 des histoires plus récentes qui n’évoquent pas forcément la guerre ». A vos greniers…

 

2710 jours
de Lucien Violleau
Les archives dormantes 253 pages – 16,90 euros

 

 

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