Le système Victoria de Eric Reinhardt – Critique

 

Le système Victoria

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Un rêve d’Icare sentimental.

David, directeur de travaux de la future plus haute tour de France, marié deux enfants, croise dans la rue, Victoria, DRH d’une société internationale « à l’élégance austère, au rayonnement de reine ». Ils deviennent amants.

Comme il existe des femmes qui nous fascinent dès le premier regard, il existe des romans qui nous éblouissent dès les premières pages. Le système Victoria est de ceux-là, une  oeuvre puissante, à la fois charnelle (les scènes de sexe sont omniprésentes) et complexe dans sa chronique des sentiments. Un roman, à l’image de son narrateur David, totalement aimanté par Victoria, personnage énigmatique de femme indépendante, voluptueuse et libérale qui « applique à ses désirs de femme le même traitement radical qu’à ses projets professionnels  ». David est lui, l’exact opposé. Idéaliste de gauche, enfermé dans son mariage et ses principes, se consumant dans son travail harassant, il va se laisser happer par cette relation passionnelle et destructrice dont l’issue, on le sait dès les premières pages, sera un véritable burn out sentimental. Mais ce qui intéresse Reinhardt est l’exigence des désirs, moteur de conduite d’une société qui mélange de plus en plus l’ultralibéralisme aux rapports humains. En doublant son histoire d’amour à une intrigue économique passionnante, l’auteur de Cendrillon offre un regard ciselé sur notre époque et signe un roman audacieux et résolument moderne.

Le système Victoria
d’Eric Reinhardt – Editions Folio – 8,50 € – 611 pages

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