Last Train : Interview Au Pont du Rock

Originaire de Mulhouse, les quatre garçons de Last Train ont à peine la vingtaine mais sont déjà la nouvelle sensation rock hexagonal. Avec l’insouciance de leur jeunesse mais la maturité de leur expérience (ils ont monté leur propre label, et jouent ensemble depuis 12 ans ), Jean Noël (chant, guitare), Tim (basse), Julien (guitare) et Antoine (batterie) ont fait leurs preuves sur scène aussi bien en France et en Europe  avec un rock rugueux à la croisée de Queen of the stone age et Black Motor Social Club. Quelques heures avant de monter sur scène au festival Au Pont du Rock à Malestroit, tous les quatre ont répondu aux questions de Pataquès.

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Last Train – Au Pont du Rock 2015 – ©Pataquès

 

Last Train : Interview Au Pont du Rock

 

Vous venez d’enchainer quatre interviews. Vous êtes rodés. Quelle question on ne vous a pas encore posée ?
Julien : On ne nous a pas encore demandé si on allait bien ?

Et alors ? Vous allez bien ?
Julien : Oui ça va. Physiquement on est un peu fatigués, on revient d’une date en Corse et le trajet a été long mais on a connu pire et ce soir on pourra tout donner (rires).

Cet automne vous sortez un ep ou un album ?
Jean Noël : On n’a pas encore décidé. Notre but était de sortir un album à l’automne mais on a envie de faire les choses bien. De se poser pour le faire.
Julien : On veut prendre le temps de le faire pour en être fier à sa sortie. Je pense qu’on va attendre un peu. Et on n’a pas besoin de sortir un album comme prétexte de faire des concerts. On a beaucoup de dates à l’automne sans sortie d’album.

Last Train - Au Pont du Rock ©Pataquès

Last Train – Au Pont du Rock ©Pataquès

Votre rock est très rugueux. En studio, travaillez-vous le son pour que votre musique sonne plus live ?
Jean Noël : Dans le principe, on joue dans les conditions du live. On joue tous les quatre ensembles dans la même pièce. C’est Tim qui dit ça : « le but du studio ce n’est pas de faire passer du signal sonore dans les micros mais de l’émotion dans les micros.
Julien : Putain c’est puissant comme phrase.
Antoine : un jour il la fera graver sur sa cheminée (rires).

Vous jouez ensemble depuis le collège. Vous vous appeliez déjà Last Train ? Pourquoi ce nom ?
Antoine : On ne nous l’a pas encore demandé ça aujourd’hui (rires). Il n’y a pas vraiment d’explication. On a pensé un moment changer de nom mais le fait qu’on joue ensemble depuis 12 ans nous pousse à rester Last Train. C’est comme un nom de famille. Tu ne le changes pas parce que tu ne l’aimes pas.
Jean Noël : on a beau faire du rock, on est beaucoup sur l’émotion  et sur les sentiments et ce groupe c’est une seconde famille. Julien dit par exemple : « on n’est pas frères on l’est devenu ». On est tout le temps ensemble, on a grandi ensemble.

Comment avez-vous évolué depuis vos débuts ? Quelle était la musique de Last Train à l’époque du collège ?
Tim : C’était nul à chier (rires).On a toujours fait du rock mais quand tu as 14 ans, tu es très influençable, tu te cherches, donc on avait tendance à imiter ce que nous écoutions. On parle comme des vieux, alors qu’on a que la vingtaine, mais quand on regarde notre parcours, là on arrive à une certaine maturité. On a toujours écouté du rock. Même si j’écoute un peu de reggae aussi et j’enrage d’avoir loupé le concert de Danakil tout à l’heure (il se lance dans une imitation de Danakil ce qui lance un fou rire général, ndlr).
Jean Noël : Maintenant, on arrive à se distinguer des choses qu’on écoute et on fait notre propre musique. Enfin, j’espère.

Sur votre bandcamp, vous vous définissez par : » Les blousons du rock and roll, sans ses clichés. Les slims de la pop, sans sa naïveté. Les boots du blues, sans son prosaïsme« .  Pour vous la musique est aussi vestimentaire ?
Julien : Oui on est extrêmement superficiels (rires).
Jean Noël : Plus sérieusement, le style peut paraitre superficiel mais ça reflète quelque chose. Aujourd’hui, il fait chaud on est en tong et en short mais monter, tout à l’heure, sur scène en tong et en short ça n’a pas de sens. Tous les groupes de rock amènent une musique mais aussi tout un univers avec. Mais en dehors de ça, on s’habille comme ça dans la vraie vie. Ce n’est pas une tenue de scène. Ma veste en cuir est ma veste de tous les jours parce que la musique est désormais notre quotidien. On s’est lancé un peu inconsciemment à fond dans la musique et cet univers.

Justement, quel a été le déclic pour vous lancer à fond dans la musique et vous professionnaliser ?
Jean Noël : c’était il n’y a pas si longtemps il y a deux ans quand on a monté notre première tournée européenne. On a vu la fin des études arriver, on s’est posé la question de la suite. On était tous convaincus qu’on voulait faire de la musique et on était tous convaincus qu’il fallait le faire bien. On s’est donc arrêté pendant 6 mois pour bosser et faire quelque chose de bien. On a monté notre tournée européenne puis notre propre label. Et aujourd’hui, c’est non stop.

C’était important pour vous de monter votre propre label ?
Jean Noël : Oui, c’était une fierté de tout faire nous même au début. Depuis, on est un peu plus entouré car on s’est rendu compte que produire, gérer la com etc nous faisait perdre l’essentiel, c’est-à-dire composer des morceaux.
Julien : on s’est aussi rendu compte qu’il était intéressant que d’autres personnes défendent le projet et pas seulement nous qui jouons dans ce groupe. Créer le label nous permet aussi e défendre d’autres groupes qu’on a fait signé.

Last Train - Au Pont du Rock ©Pataquès

Last Train – Au Pont du Rock ©Pataquès

Vous êtes en indé. Des majors vous ont-elles contacté ?
Jean Noël : oui. On n’est pas réticents à travailler avec les majors. Quand des gens qui ont bossé avec Noir Désir ou d’autres viennent te voir pour te faire signer ça fait toujours plaisir mais on a une volonté d’indépendance. On a un certain recul sur ce que nous faisons. On veut surtout garder le contrôle sur tout le projet. Que ce soit la production, le management, le booking, la communication on veut avoir notre mot à dire.

Par rapport à d’autres groupes du même âge, vous faites preuve d’une maturité dingue ?
Jean Noêl : Notre chance c’est d’avoir commencé tôt et même si ça ne se voit pas tant que ça on a une certaine expérience et un recul sur notre parcours. C’est une question qu’on nous pose jamais : « quels conseils nous donnerions à des groupes qui débutent ? » et on leur dirait de commencer le plus tôt possible. Tu fais toutes les erreurs au début et tu apprends au fur et à mesure.

En septembre, vous jouez à l’ubu qui est une salle emblématique de Rennes…
Julien : A chaque fois qu’on joue à Rennes c’est la folie, que ce soit aux Bar en Trans à l’Artiste Assoiffé ou au 1988 Live Club
Tim : A chaque fois on s’explose la gueule (rires).

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