La saga Mad Max retrace la route

Alors que Mad Max : Fury Road, arrive sur nos écrans comme une tempête de sable, Pataquès résume la saga de Georges Miller en quatrième vitesse.

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© Warner Bros

LA SAGA MAD MAX RETRACE LA ROUTE

 

1 – Fin des années 70, las de soigner trop de blessés d’accidents de la route, Georges Miller quitte son job de médecin urgentiste à Sydney pour faire du cinéma. Après un premier court métrage remarqué dans les festivals, Miller se lance dans la production d’un premier long métrage. S’inspirant de son passé et de la peur du choc pétrolier de 73, il réalise Mad Max comme un western post-moderne décadent. Le pitch transpose, en effet, tous les codes narratifs du western (le héros solitaire, la horde sauvage, la notion du bien et du mal, la justice, la vengeance…) dans un futur proche mais indéfini où les nations sont en guerre pour le pétrole. L’histoire : dans un monde au bord du chaos, Max Rockantasky, policier de la route, chargé de faire régner l’ordre et de combattre les bandes de pirates de la route, bascule dans la folie meurtrière lorsqu’un gang assassine sa femme et son bébé…

Film à petit budget (350 000 dollars), Mad Max n’en est pas moins une claque cinématographique qui secoue la planète cinéma de 1979.

mad-max-1-bisCourses poursuite au ras du bitume, chaos, violence et blouson noir : la mythologie Mad Max est née et révèle, par la même occasion, un acteur quasi inconnu au regard de fou : Mel Gibson. L’australien (23 ans à l’époque) n’avait joué que quelques rôles secondaires dans des films de secondes zones et aurait, selon la légende, obtenu le rôle parce qu’il avait accompagné son ami Steve Bisley le lendemain d’une bagarre d’ivrogne à laquelle il avait été mêlé. Le nez cassé et les quelques contusions sur son visage donnèrent envie au directeur de casting de lui faire l’audition pour le rôle principal tandis que Steve Bisley sera engagé, lui, dans le rôle de son partenaire, Jim Goose.

Malgré la mise en scène intelligente de Georges Miller qui suggère la violence plus qu’elle ne la montre (à l’exception de quelques plans explicites de quelques secondes), le film est censuré dans de nombreux pays (le film est classé X en France et ne sortira que 3 ans après).

Assument les thèmes nihilistes de son œuvre, Georges Miler n’a pourtant jamais souhaité faire l’apologie de la violence mais, au contraire, questionner la violence elle-même. Mad Max doit se regarder avant tout comme une dystopie révélant la violence d’une société en pleine déliquescence morale et suggère que, dans le chaos, même les représentants de l’ordre, sont condamnés à devenir… Mad. Rien que pour cela, Mad Max reste d’actualité.

Malgré les barrières de la censure, avec son budget ridicule et 100 millions de dollars de recette, Mad Max devient le film le plus rentable de l’histoire du cinéma, tout juste dépassé en 2000 par Le Projet Blair Witch.

2 – En 1982, avec un budget plus conséquent, Miller développe l’univers Mad Max. Mieux, il enfonce le clou rouillé et ancre son film dans l’inconscient collectif. Plus crade, plus chaotique, plus silencieux (Mel Gibson n’a que 16 lignes de textes !) Mad Max : le défi  impose une esthétique post apocalyptique maintes fois copiée (Waterworld, La route, Le livre d’Eli, Walking Dead dans une moindre mesure…) mais jamais égalée.

Mad Max sera la vision prophétique de tout un pan de l’histoire du cinéma. Après lui, l’après apocalypse ressemblera toujours à un désert balayé par le vent dans lequel un héros doit libérer la « bête » en lui pour survivre face à la violence de « bandes d’humains sauvages ».

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© Warner Bros

Si le premier opus est culte, Mad Max : le défi s’impose comme un chef d’œuvre d’adrénaline.

En un plus d’une heure et demi, pour un film entièrement tourné vers l’action, Georges Miller multiplie les scènes d’anthologie (dont une dernière course poursuite démente) et les éléments devenus culte : les voitures/ bolides customisés, le boomerang aiguisé, les costumes bricolés (ah le méchant Seigneur Humungus, son masque de hockey et son slip SM !!!)…

Un film fait de bruit et de fureur dont la plus grande violence sera finalement l’abandon silencieux final… Georges Miller impose, avec maestria, l’individualisme comme la base de la déchéance de la société.

3 – Malheureusement, en 1985, Miller rompt avec l’esprit nihiliste des deux premiers opus et signe un Mad Max : au-delà du dôme de tonnerre, bancal et maladroit. On n’en retient que la chanson We don’t need another hero de Tina Turner qui, pourtant y frôle le ridicule en incarnant Entity, la déesse du Dôme de Tonnerre. Après cet échec, Georges Miller se consacre à des films plus familiaux (Babe, le cochon, Happy Feet) tandis que Mel Gibson s’envole pour Hollywood et rejouant, ici ou là, un peu de folie suicidaire à la Mad Max (L’arme Fatale, Braveheart, Payback…)

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© Warner Bros

4 – 2014. Mad Max : Fury road enflamme le web avec une bande annonce explosive. 2 minutes 30 furieuses et sublimes qui réveillent tous les fans de la saga prés de 30 ans après la fin de la trilogie. Exit Mel Gibson (trop vieux, trop antisémite, trop tricard), c’est Tom Hardy qui reprend la route. Si on peut regretter de plus revoir le bon vieux Mel dans son rôle emblématique, tout le monde s’accorde sur le fait que Hardy est un choix judicieux tant il a imposé, en quelques années, sa gueule de badass en une poignée de films (Bronson, Inception, The Dark Knight rises). Heath Ledger fut un temps rattaché au projet avant de malheureusement décéder d’une overdose médicamenteuse en 2008. Il faut dire que ce quatrième opus est un vieux projet et date de 2003. Repoussé depuis une décennie, Mad Max : Fury Road a connu de nombreuses difficultés. Il devait d’abord être tourné en Namibie en 2012 mais fut décalé pour des raisons géopolitiques ou météorologique (des pluies torrentielles ont détruit une partie des décors en Australie).

Ce quatrième volet se veut être un reboot de la saga (certains parlent d’une nouvelle trilogie) pour continuer de raconter la survie de Max Rockatansky dans un monde post- apocalyptique. Il rencontre l’impératrice Furioza (Charlize Theron au crâne rasé et au bras mécanique comme on le distingue dans la bande annonce). Ancienne fidèle d’Immortan Joe, elle s’est enfuie avec un groupe de femmes esclaves. Immortan Joe se lance alors à sa poursuite avec toute son armée motorisée à travers le désert. Max, capturé par Immortan Joe n’a pas d’autres choix que de s’associer à Furiosa pour survivre.

Si, par expérience, on se doit d’être prudent vis-à-vis d’une bande annonce, on ne peut nier la force d’évocation de ce court métrage qui fera date et l’excitation soulevée par ce film tourné « à l’ancienne » sans effets spéciaux. Tandis que Tom Hardy reconnait que Mad Max «  n’a aucun rival », Georges Miller promet, lui, un film «démentiel», bourré d’action, dans l’esprit « chaos » du second volet. Verdict le 14 mai.

Mad Max : Fury Road sera présenté hors compétition au festival de Cannes.

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