LA PLACE DU CHIEN – Sitcom canine et post-coloniale

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© Caroline Ablain

Sous forme de comédie légère, quelque peu provoc, une pièce qui questionne les rapports humains sans caresser le public dans le sens du poil.

La place du chien réunit sur scène trois personnages : Carine, Sylvain et Sherkan  ; une femme, un homme et… un chien.
Elle (Flora Diguet) est employée précaire française, il (Lamine Diarra) est musicien congolais sans papier, le chien, lui, est un labrador noir joué par Yoan Charles. « L’idée de la pièce m’est venue de discussions avec des amis africains qui étaient choqués par la relation que pouvaient entretenir les occidentaux avec leurs chiens. Certains me racontaient des problèmes de couple dû à un chien car, pour beaucoup d’entre eux, le chien noir est considéré comme maléfique » explique Marine Bachelot Nguyen, auteure et metteure en scène de la pièce.

 Ma motivation était de faire du chien le moteur de la pièce

De ces anecdotes, Marine a tiré une comédie sociale rythmée, pastiche multiculturel de Un gars, une fille et sorte de ménage à trois où chacun tente de trouver sa place. « L’aspect sitcom m’autorisait à jouer à fond la carte du comique de répétition et des blagues toutes les deux minutes » s’amusent l’auteure. « Ma motivation était de faire du chien le moteur de la pièce en tant que confident, doudou ou rival mais, si en plus, le chien est joué par un acteur avec ce que cela implique d’ambiguïté, c’était forcément burlesque ».

Mais le genre de la comédie lui permet de traiter « en douceur » des thématiques graves qui lui sont chères : racisme, colonialisme, sexualité, sexisme, animalisation de l’être humain, rapport dominant/dominé. Dans La place du chien, il est question de comment on traite l’autre (Sylvain est placé en centre de rétention, Sherkan est «  exploité  » en tant que chien de race) et comment on se traite soi-même (pour sa survie économique, Carine se prostitue). «  On ne rit jamais des personnages  », précise Marine, « la comédie est juste pour moi une porte d’entrée à une réflexion et donne à la tragédie une plus grande profondeur ». Et question intensité dramatique et choc théâtral, sans spoiler la fin, Pataquès peut vous assurer que ces trois là ne devraient laisser personne indifférent.

Le Pont des Arts (Cesson-Sévigné)
1er décembre 2015 à 20h30

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