Interview Bikini Machine

 
 
Un an après leur tournée avec Didier Wampas, les Bikini Machine sont en forme et reviennent avec l’excellent Bang on time. Et si ce quatrième album était un nouveau départ pour les rennais ?

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Raphaël Auvrey

Bang on Time sort 5 ans après The Full Album, mais en 5 ans vous n’avez pas arrêté…

Franck : Le dernier album The full album est sorti en 2009 et on l’a joué jusqu’en 2011.

Pat : Puis on a fait un ciné concert Desperdo pour le festival Travelling Mexico qu’on a joué un peu partout en France, en Ecosse et en Irlande.

F : Et quand on a voulu se remettre à travailler sur un album, Didier (Wampas, ndlr) est arrivé et on a passé 3 ans avec lui.

 

A l’origine ça devait être qu’une tournée…

F : Oui. Il avait enregistré un album aux Etats Unis avec les mecs de The panic at the Disco et eux ne pouvaient pas venir en France le jouer donc il a fait appel à un super groupe comme nous…

P : Les meilleurs musiciens qu’il ait trouvé (rires)

F : La tournée s’est tellement bien passée qu’on a eu envie de faire un album et la maison de disque a décidé de nous envoyer au Toe Rag (mythique studio de Londres, ndlr). Ces trois ans ont été une super expérience. Rien que sur scène, comme Didier ne peut s’empêcher d’aller faire le con dans la foule, ça nous apprenait à tenir la longueur en étirant les chansons le temps qu’il revienne sur scène. La chanson devient alors élastique. C’est une autre manière de faire de la musique. C’est ce que font Les Wampas sur scène.

P : A l’origine pour cet album solo, Didier voulait un peu se calmer et ne plus se jeter.Pendant les premiers concerts, il se tenait tranquille derrière le micro mais il a tenu cinq concerts. C’est dans sa nature de se jeter dans la foule. Pour nous c’était génial. Tu n’as pas l’impression de jouer le même morceau tous les soirs. C’est vivant. Ça nous a donné envie de retrouver quelque chose de plus live sur notre album.

 

Vous avez enregistré Bang on Time en même temps que la tournée avec Didier ?

P : Oui dès que la tournée faisait une pause. On voulait que l’album soit fini à la fin de la tournée pour enchainer avec une tournée Bang on time ! En février 2014, on s’est retrouvé avec une vingtaine de morceaux plus ou moins aboutis.

 

Vous avez jeté la moitié ?

F : Pas jeté, on a mis de côté pour les retravailler plus tard.

P : En fait, on a masterisé 14 morceaux. En général on ne jette pas beaucoup. Pour le dernier album, on avait mis tous les bouts de musiques qu’on n’avait pas utilisés en chanson cachée.

F : Les gens ont pensé que la dernière chanson était très longue et très chiante. (rires)

 

Pourquoi en garder que dix  sur Bang on Time?

F : C’est pour que les gens nous les réclament ! (rires)

P : On les sortira sur des compils ou des 45 tours avec une face B inédite.

 

Pensez-vous avoir évolués dans votre façon de composer un album ?

P : Avec Bang on time, on a voulu un album plus construit en essayant d’aller à l’essentiel.

F : Le style 60’s soul et bande originale est resté mais la manière et nos envies ont pas mal évolués. A nos débuts on utilisait beaucoup de boucles et on travaillait surtout sur ordi. Mais en travaillant au Toe Rag à Londres avec Didier et un producteur qui n’aime pas du tout les ordinateurs on a « réappris » à enregistrer en live.

P : Le producteur nous appelait les « Pro Tools boys ». Il détestait Protools (logiciel de création musicale, ndlr), il ne travaillait que sur bandes.

 

bikini2014_visuelBang on Time sonne toujours sixties mais on sent que vous avez digéré vos influences.

F : On n’est pas dans l’imitation. On aime les sonorités sixties mais on essaie de réinventer ça. Créer notre propre univers. Faire du neuf avec du vieux.

 

Bang on time est plus premier degré que vos précédents albums…

F : Tu veux dire plus mature ? (rires)

 

Voila. Bang on time est votre album de la maturité. Comment l’expliquez-vous ?

P : Avant on pensait beaucoup les morceaux pour qu’ils sonnent live. Cette fois on a plus pensé Bang on Time en tant qu’album. Il est plus posé aussi.

F : Les textes de Fred sont plus personnels.

P : Il y a aussi des chansons plus sombres.

F : Oui, on est devenu Cold Wave… (rires)

 

L’album de la maturité est un compliment à double tranchant…

P : Cela fait plaisir mais après tu ne peux plus faire un album de la jeunesse !!!

F : On ne fera plus que des albums de la sénilité !!! (rires)

 

Justement, comment voyez vous l’avenir de Bikini Machine ?

F : Avec pleins de concerts.

 

Vous avez fait une croix sur les ventes d’album ?

F : On espère en vendre mais on sait très bien que les gens n’achètent plus d’album. On sait qu’il va être écouté, téléchargé…

P : Si on en vend entre 5 et 10 000 on sera contents.

 

Comment expliquez-vous la longévité de Bikini Machine ?

P : On a passé un cap où personne n’a envie d’arrêter Bikini. On sait qu’on peut faire d’autres projets mais Bikini continuera.

F : L’aventure avec Didier nous a ressoudés aussi d’une certaine manière.

F : On sait aussi qu’on refera des chansons avec Didier.

 

Petite nouveauté pour vous, on vous entend à la télé puisque Stop All Jerk est utilisé dans une pub Ford. Vous avez hésité avant d’accepter?

F : On l’avait déjà accepté pour BMW mais la pub n’était pas diffusée en France. On est toujours utilisé pour des voitures, je ne sais pas pourquoi…

P : Cet été, on a refusé une pub pour le bœuf français. Fred a dit « j’ai pas écrit une chanson un peu intime pour vendre de la viande… ». Mais faut pas croire que les pubs nous rapportent beaucoup d’argent.

moi perso, je n’ai écrit qu’un morceau sur cet album mais je m’en tape complétement.

F : Et on a refusé que la maison colle un sticker sur le CD «  la musique de la pub Ford »

 

Donc vous êtes loin de U2 qui font homme sandwich pour Apple…

F : On fait pareil. On a des clés USB et on pirate pleins d’ordi de copains en mettant notre album dedans comme U2 l’a fait sur I-tunes… (rires)

P : On a failli être U2 une fois… En tournée en Norvège, une voiture arrive pour nous amener à l’hotel. On monte à deux dans une voiture et le reste est parti en van. Et en arrivant à l’hôtel, la réceptionniste nous demande « you are the band, you too ? » et moi je lui réponds « No U2, we are Bikini machine »… (rires)

F : Très belle anecdote !!

P : On a été U2 deux secondes.

 

Vous avez envie d’être U2 ?

P : Non.

F : Peut être le U2 des années 80, c’était bien.

P : Moi j’étais fan du premier New year’s day mais je me suis arrêté là.

F : Mais c’est quand même dingue, on te force à écouter U2 et il faut une application pour le retirer de I-tunes.

P : Il est très fort ce Bono, il arrive à téléphoner au président en plein concert alors que nous…il nous répond pas. (rires)

 

Mais si votre album fonctionne pour les pubs c’est parce que Bang on time est très visuel, très cinématographique.

P : Oui il y a toujours des mélodies qui sont inspirées par le cinéma. On aimerait faire une BO d’un film, l’occasion ne s’est juste pas présenter pour le moment.

 

Avec quel réalisateur aimeriez-vous travailler ?

P : Pleins. On est souvent associés à un contre culture américaine, Tarantino, Rodriguez. On a fait un ciné-concert Desperado mais on trouve le film pas terrible mais c’est le seul qu’on pouvait utiliser pour des raisons de droits.

F : Le tout premier Desperado qui est encore plus fauché nous inspirait plus ou Planète Terreur avec la nana qui a un flingue à la place de la jambe…

P : Mais on ne pouvait l’utiliser que si on le jouer gratuitement en concert. Donc Desperado était le seul qu’on pouvait faire…

 

Et vous n’aimez pas.

P : Si. On a appris à l’aimer. Tous les seconds rôles sont mortels.

F : C’est Banderas qui joue très mal.

 

Je pense que le second degré de Rodriguez (réalisateur de Desperado, ndlr) vous correspond bien.

P : Je pense qu’on est souvent associé à un truc…

F : Mexicain !!!

P : Voila… le fait qu’on porte des ponchos avec des torses poilus… !!! (Rires). On est souvent associés à une contre culture Américaine avec Tarantino aussi.

 

Mais je vous associe plus au cinéma Anglais.

P : Guy ritchie est moins bon mais un film comme Snatch peut faire un super ciné concert.

F : Arnaques, crimes et botanique aussi.

P : (il réfléchit) Maintenant que tu le dis, on est peut être plus proche de l’esprit du cinéma anglais que du cinéma Américain, en effet.

F : Moi je ne suis pas assez cinéphile pour le dire.

P : Cinéphile, c’est pas les mecs qui baisent avec des chiens !!!

F : Mais écrit le quand même, je ne suis pas cinéphile… (rires)

 

Et le cinéma Français ? Avec quel réalisateur français aimeriez-vous travailler ?

F : Armel Gouvernnec, qui va réaliser notre prochain clip

P : Mais il n’a pas encore fait de films mais il a un projet qu’il essaie de monter. Il est premier assistant de Hazanavicius sur les OSS 117.

F : c’est lui qui a réalisé notre clip « où vont les con ? » et la semaine prochaine on va tourner avec lui notre prochain clip.

 

Et Hazanavicius (réalisateur de The artist, OSS 117 , ndlr) ça colle à votre univers?

P : Ça pourrait être marrant de faire un ciné concert avec les OSS même si pour moi ils ne sont pas encore assez vieux pour être culte.

F : Moi j’aime bien, je me marre

P : Pour moi culte c’est « Ne nous fâchons pas »de Lautner

F : On est super fan de Lautner.

P : Ou un film drôle avec Eric Judor on est fan de son humour. Sa série Platane j’ai adoré, même ses pubs EDF je suis mort de rire.

 

Cette interview sort pendant les Trans. Ça évoque quoi pour vous les Trans?

F : On y travaille en tant que techniciens depuis 20 ans.

P : Soit on y joue soit on y bosse.

F : Pour nous les Trans c’est vraiment important, c’est une référence.

P : Je pense que c’est grâce aux Trans que j’ai commencé la musique. Pour moi, dans les années 80, Rennes méritait son statut de ville Rock grâce aux Trans, ça s’est un peu atténué depuis. Mais Les Trans c’est toujours des putains de découvertes. Cette année c’est peut être la première année ou je ne connais rien.

F : Et quand tu regardes tous les gens qui sont passés aux Trans c’est dingue.

 

Pat recommande une bière ce qui permet un petit intermède avec Loïc du bar du Vieux Saint Étienne.

Loïc : je me disais aussi, vous buvez pas aujourd’hui…

P : Fais gaffe c’est enregistré tu vas être dans l’interview!

L : Ah merde !

P : (imitant un journaliste)Tu aimes bien notre groupe ?

L : J’aime bien votre groupe, j’aime pas les gens dedans. (rires)

P : Tu préfères nous ou Jean Louis Aubert ?

L : Je préfère quand même Jean Louis Aubert.

Même le dernier Album : Jean Louis Aubert chante Houellebecq ?

L : Non c’est moins bien.

P : Toi tu écoutes les vieux Aubert !!

Et les vieux Bikini machine ?

L : Pas trop…

P : Ca te rappelle peut être trop le boulot… (rires)

Loïc repart

 

Que pensez-vous de la scène Rennaise actuelle ?

F : On retrouve un bon esprit avec une vraie scène Rock. On sent qu’il se passe quelquechose ; On aime beaucoup The Decline, The 1969 club, Rigg, Kaviar Special, Combomatix…

P : Moi j’ai joué dans Soul, le projet de Romain, notre nouveau batteur, avec pleins de petits jeunes très sympas.

 

Pensez-vous être une référence pour les jeunes groupes ?

F : Référence est un grand mot. Respect peut être pour notre longévité. Ça fait toujours plaisir d’être aimé par des jeunes de vingt ans, ce qui fait mal c’est se dire qu’ils avaient 7 ans quand on a commencé… (rires).

 
 

 
 

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