Herman Koch – Le dîner

Le diner

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Un dîner en famille dans un restaurant guindé d’Amsterdam. Deux frères, leurs femmes. Le premier, politicien en devenir, semble tout contrôler. Le second, moins conformiste, semble subir. Là, on s’attend à détailler en rondelles les conflits, les non-dits, les rancœurs et les états d’âmes des membres des convives à table à mesure que les plats défilent… Mais, très vite, on s’aperçoit que la dégustation va se faire au rythme d’un va-et-vient de sensations gastriques.

Dès l’apéritif, on ressent l’arrière-goût amer de la rivalité entre deux frères. Pendant l’entrée, les relents stomacaux s’accélèrent et c’est un gout de bile qui nous monte à la gorge lorsque l’on comprend la barbarie du crime perpétué par les fils des deux couples. Pendant le plat, on digère l’entrée tant bien que mal tout en essayant de démêler les rapports compliqués entre les membres de cette famille. Entre la poire et le fromage, on rebascule doucement dans le dégoût total et on ne sait plus trop bien quel personnage provoque cet état… En fin de repas, une bonne dose de cynisme maternel calculateur achève de nous couper la faim.

Que l’on choisisse de déguster ou dévorer ce roman, l’auteur nous tient en haleine et ne cesse de renverser la vapeur des sentiments et ressentiments. Au rythme des plats, le lecteur se retrouve au cœur d’un thriller familial où le chef « toqué » n’est pas toujours celui que l’on croit…

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