Hell’o Monsters en Interview

Pataquès a eu la chance de croiser le collectif Hell’o Monsters les premiers artistes à intervenir dans Teenage Kicks 2015, la biennale d’art urbain qui cette année a lieu à Rennes, Saint Malo et si Nantes. 
Trio à l’origine, Hell’o Monsters est devenu depuis peu un duo composé d’Antoine Detaille et Jerôme Meynen, influencé dans leur art par la nature, la vie, la mort et les monstrers.
Entre deux coups de pinceaux sur la façade (qui en avait bien besoin) du cinéma Cinéville à Rennes, Pataquès a posé quelques questions aux deux artistes.

 

hello-monster

© Hell’o Monsters

Hell’o Monsters en Interview

 

Comment vous vous êtes rencontrés?
On s’est rencontré dans la rue en faisant du graff dans le sud de la Belgique en Wallonie. On avait un style à la fois assez similaire mais reconnaissable les uns des autres et c’est ce qui nous a rapproché. Puis, nous sommes devenus amis. Hell’o Monsters c’est aussi une question d’amitié. On faisait beaucoup la fête ensemble (rires). Puis nous avons créé une identité à trois. Nos univers se répondent s’additionnent comme si Hell’o Monsters était une et même personne.

Vous aviez les mêmes influences ?    
On a beaucoup de chose en commun. C’est aussi ça qui a amené le projet de Hell’o Monster mais c’était aussi une question d’amitié. On fait beaucoup la fête ensemble. Donc tout ça c’est entremêlé. La différence était basé au niveau des idées, de confronter des idées qui ne sont pas toujours mêmes, il y a des points de vue assez différents mais avec le même style ça créer des dialogues construits dans les mêmes dessins, il y a vraiment que le style qui est commun. Heureusement que nous avons pas les mêmes idées qu’il y a des différences autrement on s’ennuierait et c’est ça qui est agréable, confronter des univers mais avec la même esthétique.

Quelles sont vos références communes?
Il y a pleins de choses et en même temps rien. Il y a différents mouvements de design, tout ce qui se rapporte aux ethnies africaines non seulement pour des raisons esthétiques mais aussi parce que nous formons un collectif comme une tribu. Nous sommes aussi influencés par tout ce qui est animal et végétal. Les oiseaux sont récurrents dans notre univers. Ils symbolisent autant la liberté que la fragilité.

Et au niveau du style ?
Sur le style, on peut dire que l’un va peut être plus mettre l’accent sur ce qui est absurde ou humoristique tandis que l’autre va plus être plus axé sur une symbolique sérieuse, un peu plus sur la mort. Mais c’est cette confrontation des idées sur un même style qui permet de créer des lignes de lectures. Et heureusement que nous n’avons pas les mêmes idées sinon on s’ennuierait.

Hell’o Monsters

Et les monstres ? Un élément récurrent voire indispensable dans votre œuvre…
Dessiner des monstres c’est une sorte d’échappatoire. Les monstres te permettent de faire pleins de choses qui peuvent être interpréter de différentes façons. Dès que tu enlèves une oreille à un humain cela peut être un monstre. On joue aussi beaucoup sur l’aspect hybride : nos personnages ont des becs d’oiseaux ou fusionnent avec des plantes…Mais ces « monstres » n’ont pas l’aspect « monstueux » ou effrayant, d’ailleurs nous sommes en train de « zapper » cet aspect de notre travail. On pense même se faire appeler juste Hell’o car le côté Monsters correspond plus à ce que nous faisions à nos débuts avec des choses très « cartoonesques ».

Il y a toujours une dualité dans vos œuvres avec d’un côté des couleurs pastels, un ton doux et d’un autre côté un propos mystique presque macabre.
Cette dualité a toujours fait partie de notre travail. A la base dans notre nom le Hell’o, rappelle le bonjour cordial mais il y a aussi le mot « Hell » qui rappelle l’enfer.  Cette dualité est dans tous nos projets.

Vous avez débuté dans la rue mais depuis plusieurs années vous exposez aussi en galerie. Comment s’est passé la transition ?
Avant de « faire des murs » on travaillait déjà beaucoup le dessin. Puis nous avons créé un blog qui a eu des retours positifs et nous avons eu une première proposition d’expo dans une galerie à Bruxelles en 2006 et depuis ça n’a pas arrêté. Et pendant un temps on a pas mal arrêté de peindre sur des murs. On était plus concentrés sur notre travail sur papier ou les installations. Nous avions envie de passer beaucoup de temps sur un même dessin avec pleins de petites choses très détaillées. Nous voulions nous laisser le temps du détail là où sur un mur il pouvait il y avoir un côté grossier dans la technique.

Vous ne vous reconnaissez donc pas dans la catégorie « Street Art » dans laquelle on vous met souvent ?
Pendant un temps, on était associé au Street art  mais nous avons toujours voulu décoller cette étiquette. Nous n’aimons pas que certaines personnes cataloguent une expo « street art » sous prétexte que c’est des gens qui viennent du graffiti. En travaillant plus en galerie, on a voulu décoller cette image street attequi est presque péjorative pour nous car elle met ton travail dans une case à côté de l’art. Nous faisons du dessin. Point barre. C’est de la peinture murale.

hell'o Monsters

Hell’o Monsters

Vous vous reconnaissez donc dans le terme art contemporain…
Oui. Tout à fait. Mais c’est un mouvement de l’art contemporain qui est tout jeune et qui se développe avec encore pleins de choses à montrer. On voit pleins d’artistes émergents avec des travaux de plus en plus de qualité. Mais c’est difficile de donner un nom à une période qui se déroule encore maintenant. Il faut une fin pour pouvoir la définir. Un terme que l’on aime plus ou moins bien c’est « pop surréaliste » mais ça fait très américain (rires).

Envisagez-vous différemment une expo dans une galerie et une biennale comme Teenage Kicks qui vous offre un mur?  
Nous ne refusons jamais les travaux en extérieur. On prend beaucoup de plaisir à en faire. Parce que c’est une autre échelle, parce que ça permet une autre visibilité parce que ça permet de voyager et ça permet de sortir de l’atelier (rires). Il y a aussi un côté beaucoup plus direct avec une biennale telle que Teenages Kicks. Tu vas à l’essentiel dans un temps défini tandis que nous passons beaucoup plus de temps sur un dessin pour une galerie. En fait ce que nous aimons c’est alterner les deux.

Comment procédez-vous sur le projet d’un mur. Il y a-t-il une concertation particulière avant de créer ?
On croque d’abord chacun dans notre coin puis on échange les idées mais le débat ne dure jamais trop longtemps, on est souvent sur la même longueur d’onde. Les projets se font aussi en fonction du lieu, de la situation. Le support est important et c’est important d’être sur place. Il nous arrive de tout changer parce que sur place on se rend compte que ça ne correspond pas au lieu.

Vous travaillez beaucoup à l’étranger. Voyez vous un regard différent selon le pays où vos exposez ?
On a un style assez abordable pour beaucoup de gens même pour ceux qui ne connaissent pas trop l’art. On ne choque pas vraiment et le matin, les gens ne se réveillent pas avec un dessin morbide qui les secoue. Par rapport à notre travail, on ne fait pas de distinction entre les pays. Ça reste toujours appliquer une peinture, un dessin assez personnel à un endroit en particulier.

Retrouvez tout l’actualité de Hell’o Monsters sur leur site : ici

Teenage Kicks, la biennale d’art urbain à Rennes, Saint Malo et Nantes du 1er Septembre au 25 octobre. Le site est ici

Articles en lien

Archives

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux