Des petits dieux de misère par Mylinh Nguyen

 

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Lauréate du prix talent d’exception de la fondation Bettencourt, Mylinh Nguyen pratique l’usinage des métaux pour créer de petites créatures étranges à mi chemin entre l’univers mécaniques et le vivant. Elle nous présente ses petits dieux de misère.

Je suis venue à l’usinage des métaux un peu par hasard pendant mes études en arts appliqués. Le tournage et le fraisage sont utilisées dans l’industrie et, selon moi, dans un travail ouvrier à la chaîne très difficile alors qu’en elles mêmes ces techniques sont fantastiques. Quand on les apprend dans un contexte plus harmonieux, on peut en faire des choses merveilleuses.

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Mon travail artistique parle du monde animal  : des méduses, des mouches et des insectes. L’exposition des 3 CHA, Des petits dieux de misère a été influencé par ma rencontre avec l’écrivain Jean Baptiste Del Amo lors d’une résidence à Kyoto et son livre Pornographia, une sorte d’errance dans une nuit sombre et onirique. Dans un des textes, le héros décrit une personne pour laquelle il éprouve du désir. Il décrit son corps et sa démarche comme une espère de construction animale ce qui fait d’elle « un petit dieu de misère », une expression
que j’aime beaucoup et qui m’a influencée sur la réalisation de ces créatures étranges à la fois vivantes et mécaniques. Avec ce cabinet de curiosité, je souhaitais dévoiler un univers en construction, donner l’illusion de la vie, du mouvement et de la grâce.

J’ai créé avec Pablo Salaün tout un univers sonore car le lieu s’y prête. Chaque pièce, posée sur un socle démesuré, va chuchoter des bribes de secrets que nous avons enregistré pendant des entretiens avec des personnes de la région, le tout mélangé à des sons et de la musique. Le but est que le public se promène autour des oeuvres pour attraper des bribes de récits un peu mystérieux avec la liberté de reconstruire une histoire selon leur propre sensibilité.

Avec Des petits dieux de misère, je veux juste évoquer une certaine idée de la beauté qui peut être ambiguë, à la fois émouvante mais aussi inquiétante et pourrait basculer dans un sentiment de malaise. Je pense en fait que la beauté n’est pas une question évidente et qu’il faut faire des efforts pour l’apprécier.

Mylinh Nguyen.

Du 23 janvier au 19 mars
au 3 CHA à Chateaugiron

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