Des illusions à l’immersion

fuji

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Les deux artistes, Marine Bouilloud et Joanie Lemercier utilisent des techniques différentes mais ont deux points communs : ils créent des oeuvres immersives et exposent près de chez vous.

Joanie Lemercier

Paysages volcaniques.
Une oeuvre naît souvent d’une idée obsédante. Ce fut le cas pour Joanie Lemercier lorsqu’il fut invité en résidence aux Etats-Unis en 2010 : « Le jour du départ, mon vol a été annulé par l’éruption du volcan islandais, Eyjafjallajökull et je suis resté bloqué à Bristol. J’ai finalement pu me rendre sur place mais avec seulement 5 jours pour créer une Tmuvre. J’étais alors si obsédé par Eyjafjallajökull, que la seule chose que j’ai pu faire a été de dessiner la silhouette du volcan pour couvrir les murs de la salle d’exposition ». De cette éruption créative, est née une installation audiovisuelle mêlant dessins et projections vidéos, une technique qu’il a de nouveau explorée pour son oeuvre Fuji (photo) et qui est, elle aussi, présentée aux Champs Libres pour l’exposition Paysages volcaniques.
Même s’il reconnaît que les technologies ne sont pour lui que «  des outils interchangeables  » qui doivent être le plus invisibles possibles, Joanie aime combiner arts plastiques et numériques pour créer : « j’aime quand la projection est là pour « augmenter » la réalité et se superpose à un objet physique ». Pour lui, qui est fasciné depuis toujours par le mouvement Op Art des années 60, la finalité est de créer toutes sortes d’illusions d’optique pour mieux jouer sur les limites de la perception humaine. « En manipulant la lumière on peut manipuler la réalité » précise-t-il. Ses Paysages volcaniques, portés par la musique envoûtante de Paul Jebanasam, s’envisagent alors comme « un trip sensoriel » à forte capacité immersive. L’artiste le dit lui-même : « Je crois à la réalité que nous connaissons tous mais les outils avec lesquels j’expérimente me font penser que l’on pourra bientôt la remplacer par une autre ».

Les champs Libres (Rennes)
du 4 décembre au 24 janvier

Marine Bouilloud

bouilloud

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Expansion Rythmée de la couleur.
A sa sortie des Beaux-Arts de Rennes, Marine Bouilloud pratiquait une peinture figurative engagée sur des sujets sociologiques ou politiques avant de progressivement basculer vers l’abstrait. «  La découverte des grandes peintures murales de Bridget Riley a été pour moi une petite révélation » explique l’artiste. « J’ai voulu, moi aussi, faire en sorte que nous ne soyons plus face à un tableau ou un objet mais « dans » la peinture et recréer la même immersion que pour la musique ». Pour cela, Marine travaille autant le rythme géométrique (elle prépare toutes ses oeuvres sur papier millimétré), la couleur (gamme rouge orangée, bleu pacifique) et l’impact de la couleur sur la perception. « Chaque couleur a une histoire et ma peinture doit être quelque chose de contemplatif et d’intérieur sans chercher à être violent ou tape-àl’oeil ». Et si la dimension spirituelle n’est jamais très loin de ses travaux, l’artiste se revendique laïque. C’est pourtant dans un ancien lieu sacré, la chapelle restaurée des 3 Cha à Châteaugiron que Marine présente sa nouvelle pièce, Vague cosmogonique, pensée spécialement pour le lieu. Une longue vague apaisante sur 12 grands panneaux qui selon l’artiste a «  autant à voir avec le vague à l’âme que la vague créatrice de l’univers  ». Vous n’avez plus qu’à vous laisser porter.

 

 Les 3 Cha (Châteaugiron)
du 13 novembre au 19 décembre

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