Dead – De l’ombre à la lumière

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Découverts aux Trans l’année dernière, Les Rennais sortent au grand jour avec un nouvel EP. Entretien avec Berne Evol, chanteur de Dead.

Comment avez-vous choisi votre nom, y a-t-il une signification derrière?

On a monté le groupe il y a 2 ans, à la base et on devait s’appeler « Dead Transmission ». En fait, c’est un projet 2.0 qui ne devait pas être joué en live, une formule électronique guitare-chant qui finalement n’était pas vouée à être joué en concert. Du coup, on l’a appelé « Dead Transmission » en se disant que ce projet allait atterrir sur la toile mais n’aurait aucune raison d’être joué en live ensuite. On s’est dit, on monte un Facebook avec et après on laisse tomber le projet, mais on a vu qu’il y avait un léger engouement pour ce dernier, on avait des demandes de concerts, donc du coup on a choisi le nom « Dead » et on a appelé notre premier EP « Transmission ».

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire de la musique au début?

Je me suis dit que je voulais faire de la musique quand j’ai vu des mecs comme Kurt Cobain défoncer leurs guitares sur des amplis. Je me suis dit que j’avais envie de faire la même chose, à l’époque j’avais pas vraiment de background musical comme j’ai aujourd’hui. C’est l’envie de faire du gros rock, du son, quelque chose dans lequel je me reconnais ; mais là il faudrait poser aussi la question aux autres membres de Dead qui ne sont pas là. Je pense qu’on est tous pareil. On a tous vu des groupes à guitares qui nous ont fait réagir quand on était gamins.

Qu’est-ce qui caractérise le plus votre musique?

Musicalement parlant, ça va être plutôt les rythmiques électroniques, la noise. Il y a un univers assez étrange dans les boîtes à rythmes qui sont très répétitives. Il n’y a pas de break, généralement c’est une longue plage de rythmiques qui se déroule et qui ne s’arrête pas, qui t’entraîne comme une boucle et derrière t’as un mur de guitares qui lui est pareil, très dissonant et sans structure réel sur lequel tu peux vraiment pas te poser un peu comme un espèce de nuage bizarre. Et pour la voix, ce qui nous caractérise le plus, c’est quelque chose de Cold, de Dark, d’assez dur avec des textes assez amers.

Pouvez-vous nommer trois groupes qui ont particulièrement influencé votre style?

  • Suicide (peu importe le morceau, ils se valent tous)
  • Jesus and Mary Chain
  • Alien Sex Fiend

Comment expliquez-vous votre musique aux membres de vos familles?

Quand on a commencé le projet de « Dead », on avait pas d’idée de style. Je crois que le style c’est imposé car on nous a demandé de catégoriser notre musique. Ce qui primait le plus aux oreilles de ceux qui avaient écouté le projet, c’était justement ce côté Cold-Wave au départ et ce côté Noise derrière, et avec les machines ont avait déjà un côté Electro. Donc on s’est dit qu’on allait faire de l’ »Acid-Cold-Noise-Electro », mais finalement c’est du Rock lourd et sombre. Après « Cold » parce qu’il y a Joy Division derrière, y en a pas mal qui dise qu’on a un peu leur style en version 21ème siècle. On a pas envie de faire de la Cold, On a vraiment envie de faire du Rock pur et dur.

Quel morceau connu auriez-vous aimé avoir fait?

Sonic Youth – Schizophrenia (album : Sister – 1987)

Où trouvez-vous l’inspiration quand vous débutez un nouveau morceau?

La manière de composer du groupe est assez délicate parce que finalement on a pas tellement de rapports physiques. On communique beaucoup par fichiers. Généralement, on travaille tous dans notre coin et je pense qu’on a tous notre univers personnel. Et quand on se retrouve pour jouer ensemble, ces trois univers commencent à créer des liens qui vont finir par devenir « Dead ». Mais à la base généralement ça part d’une boîte à rythmes très froide, que notre claviériste Bernard nous envoie dans un fichier, avec dedans, une boîte à rythme et une ligne de synthé qui peut donner une idée d’un prochain morceau ou pas, à voir… Le grateux et moi, on essaie de composer ce qui peut être le morceau par la suite, de composer nos parties là-dessus (chant et guitare), et après tout repasse en bécane. C’est un système de compo assez spécial, c’est pas comme à l’ancienne où on se retrouvait dans un garage à répéter avec les instruments. On est sur du 2.0, c’est assez rigolo.

Combien de temps mettez-vous à faire un morceau généralement?

Entre 15 secondes et 15 ans. Je sais pas… Ça va dépendre de la maturité de l’idée et de l’envie. En fait, je crois que le plus compliqué c’est pas tant le fait de se dire qu’on va faire un morceau, c’est de se dire pourquoi on le fait? Est-ce que ça va être bien ou pas? Est-ce qu’on va pas se planter avec un morceau comme ça? Un morceau peut rester couver pendant un an ou deux. C’est possible… Il y a des morceaux comme ça qui ne sortent pas, et d’autres qui sortent vachement rapidement. On a composé des morceaux très vite dans le nouvel EP « Verse ». Il y a un morceau qui a été composé très rapidement, dans la journée c’était plié. On ne s’est pas posé la question de savoir si on allait y revenir ou pas. C’est vrai que des fois on opère assez rapidement, mais on prend aussi notre temps pour bien travailler le truc.

Comment et où enregistrez-vous?

On est éparpillé. Il y a Brice à Paris, Bernard à Lannion et moi encore à Rennes actuellement mais pas pour longtemps. La plupart du temps on passe par fichiers. Chacun enregistre ses parties et les envoie aux autres, et on écoute ensuite ce qui se passe. Y a Bernard qui remixe les morceaux et, du coup, ça se passe comme ça. Chacun compose ses parties et les enregistre. Après, pour l’enregistrement pur et dur, ce que tu entends sur les vinyles, c’est que du home-made, tout est fait dans la cuisine. Et puis on a un petit label rennais, KdB Records, qui diffuse pour nous.

Avez-vous un endroit préféré pour jouer en live?

On a remarqué qu’avec le genre de concerts que l’on fait, c’est les salles moyennes qui nous correspondent les plus. Quand on joue par exemple en plein air, dans les grands espaces, en général ça passe pas du tout. Le son est trop diffus, on a pas trouvé la bonne manière d’être bien droit et bien intelligible lorsqu’on joue dans ce contexte. Sur de la moyenne scène, ça passe très bien. Un lieu en particulier… Le Mondo Bizarro à Rennes. Quand on avait joué là-bas c’était vraiment très bien. Ça s’y prête, c’est le genre de scène moyenne vraiment cool, où tu as vraiment une proximité avec le public. Il se passe quelque chose, tu donne quelque chose et les gens te le rendent finalement parce que tu es vraiment à deux centimètres d’eux. Quand ça prend c’est génial, c’est des moments super. Après, y a des scènes où tu es plus surélevé, où finalement tu fais ton truc mais t’as pas trop de rapports avec le public tout de suite. Ça créé une distance et ça c’est con.

Une petite playlist de vos groupes préférés ces derniers temps?

  • Snatch Howie B
  • X Male Deutsland
  • Leila (pianiste de Bjork)

Où pensez-vous que vous serez musicalement dans quelques années?

Je pense qu’on va rester un groupe indé. On est dans cette scène underground. On ne sait pas trop où on sera, ça va dépendre de la façon dont les gens reçoivent finalement le projet Dead. Là dans l’immédiat, on sort notre deuxième Ep « Verse » le 15 septembre en vinyle. Les gens vont le découvrir un peu plus longuement. Après c’est eux qui font notre chemin, c’est pas l’inverse, tu choisis pas. J’espère qu’on aura de belles dates à l’étranger. On a des demandes aux états-unis, en Europe de l’Est, en Allemagne, … des envies de nous faire jouer. Après faut pouvoir y répondre, on est indépendants et on a pas forcement des gens derrière qui nous suivent financièrement parlant. Faut se démerder quoi ! J’espère qu’on sera toujours underground et qu’on sera toujours cool avec le public et que ça se passera bien.

Quand vous ne faites pas de musique, quel sont vos passe-temps favoris?

La musique ! On travaille tous à côté, on est tous salariés donc finalement, on a des vies assez remplies.

Qu’est-ce que les gens ne savent pas à propos de vous?

Qu’on est méchants ! J’en sais rien, je sais pas… Je crois que les gens s’arrêtent à l’image qu’on leur donne. C’est souvent ça qui leur plait. C’est pour ça qu’ils choisissent des groupes des fois, c’est l’impression que j’ai. On se présente sous une lumière assez obscure, assez froide et on doit se demander c’est qui ces mecs derrière le projet « Dead », ils seraient pas un peu cinglés ? Mais on est très cool, c’est peut-être ça que les gens doivent savoir.

Un dernier mot…

Ne manquez pas la sortie du vinyle de « Verse » le 15 septembre, avec l’enregistrement du 3ème EP qui sortira dans la foulée parce qu’il est déjà prêt.

Dead joue en Live le 11 Octobre au 1988 Club à Rennes

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