Cousteau en surface

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Un film qui retrace, sans y plonger complètement, la vie du célèbre explorateur et dévoile, sous les traits de Lambert Wilson, un homme à bonnet rouge complexe et contradictoire. 

L’idée d’un film sur le comandant Cousteau n’est pas inintéressante. Qu’il soit une icône écolo-télévisuelle pour les plus âgés ou un vieux monsieur à bonnet rouge pour les plus jeunes, on ne sait finalement pas grand chose de la vie de Jacques-Yves Cousteau. La qualité première du film est de ne pas être une hagiographie. Il raconte l’homme sous le bonnet rouge, incarné par Lambert Wilson qui s’en tire pas trop mal malgré un corps plus massif et une ressemblance discutable.

 

Une vie survolée plus qu’incarnée

 

On retrouve dans L’odyssée tout ce qui a pu fasciner dans l’aventure Cousteau (le bateau La Calypso, les scaphandres « comme dans James Bond », les villages sous la mer et même un caméo des otaries Pépito et Cristobal) mais le film s’attache surtout à dévoiler un homme certes visionnaire (il est à l’origine de plusieurs inventions dont le scaphandre autonome) mais pas exempt de défaut. On découvre un patron mégalo et opportuniste (ses premières explorations sont financées par l’industrie pétrolière), un écolo tardif surtout influencé par son fils Philippe (Pierre Niney dans son rôle type de néo Alain Delon), un père absent et un mari volage, trompant dans chaque port sa femme Simone (Audrey Tautou au bord de la noyade dans son rôle de femme gouailleuse alcoolique).

Le mythe du prophète écolo exemplaire prend donc un sacré coup de pagaie. En bon technicien, Jérome Salle, réalisateur des Largo Winch, signe un film de bonne facture mais pêche par un scénario trop linéaire qui n’évite pas toujours l’écueil du biopic fabriqué et son côté carte postale : sa vie est survolée plus qu’incarnée. Les images, baignées par la musique d’Alexandre Desplat, sont superbes notamment un face à face baleine/Pierre Niney émouvant mais L’odyssée aurait gagné en profondeur en creusant un peu plus la personnalité opaque de l’homme. Sa double vie, ses enfants cachés, ses fêlures sont à peine effleurés et, au final, subsiste le sentiment regrettable que tout Cousteau n’ait pas été exploré. Un comble pour un film sur un océanaute. Pour convaincre ses producteurs, Cousteau leur dit dans le film « Les gens veulent des histoires d’hommes, pas des histoires de pois- sons». C’est vrai. Il manque juste un peu de vie à cette histoire.


lodyssee_affiche-webL’odyssée
de Jérome Salle avec Lambert Wilson, Pierre Niney, Audrey Tautou,..
Sortie le 12 octobre 

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