Corbier – L’anar au capital sympathie énorme

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Ni mort, ni sur une île paradisiaque à siroter des cocktails avec
Dorothée, Corbier chante ici ou là en France et ailleurs. Pataquès l’a rencontré cet été à Rennes aux Transats en ville.

En noir, du chapeau aux tennis Lacoste, Corbier amuse les spectateurs de la Place de la mairie, avec ses chansons drôles ou caustiques quelquefois plus tendres sur les rythmes folks blues de son compère Eric Combart. « Ce que je fais aujourd’hui ne peut pas être plus éloigné de mes années télé » nous dit-il et pourtant une partie du public est venue entendre Le nez de Dorothée. En vain. Corbier ne veut plus de l’étiquette télé. Quel qualificatif peut alors mieux correspondre à l’ancien animateur ?
Barbu ? Le chansonnier l’est toujours. C’est son côté Soixante-huitard, « alors que je n’étais ni étudiant, ni ouvrier en 68 mais j’ai soutenu les événements  en jouant avec Moustaki et Le Forestier dans les usines en grève ».
Sympa ? Corbier l’est resté aussi. De son vrai nom Alain Roux, il jouit toujours d’un capital sympathie énorme auprès des gens grâce à sa bonne humeur communicative. Le chanteur se dit pourtant timide. A 16 ans, par exemple, lorsque Brassens lui propose de faire un disque, il lui répond « Maman voudra pas ! » rigole-t-il encore aujourd’hui. Il se libérera de sa timidité dans les cabarets parisiens.
Grincheux ? Corbier peut l’être aussi, n’hésitant pas à pousser quelques coups de gueule contre « ce monde de fêlés ». De la génération des Siné, Cabu et Cavanna, il s’amuse comme eux à fustiger les cons sans insulter personne. «  Je suis Anar comme Brassens, explique-t-il, un Anar pas bien méchant ».
Blessé ? Corbier l’est de ses années de galère post télé. « Mon erreur n’est pas d’avoir fait le club Dorothée mais d’y être resté trop longtemps. Pour le métier, je suis resté le crétin de la télé » regrette-t-il, ce qui fait de lui un anti-nostalgique. « Je vis avec mon époque », en listant ses chanteurs préférés (Joyet, Renan Luce…) et nuance dans le même élan, « Rassure toi, je suis parfois un vieux con et j’écoute Bob Dylan ».
En 2014, le vieux con sympathique, qui fêtera ses 70 ans le 17 octobre, est en fait un saltimbanque sur la route 240 jours par an et ne peut imaginer sa vie autrement. « Si demain je devais arrêter,  je serais extrêmement malheureux. Vraiment ».

François Corbier revient à Rennes
à la salle de la cité en juillet 2015.

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