Bilan du Festival Au Pont du Rock

Après le joli succès de l’année dernière, la 25e édition du festival Au Pont du Rock, qui s’est achevée dans la nuit de samedi dernier, est marquée par un nouveau record d’affluence, preuve que les organisateurs ont trouvé la bonne formule pour créer un festival convivial, festif et musicalement de qualité.
Cette année, le petit bourg de Malestroit, dans le Morbihan, a en effet, vu défiler près de 20 000 festivaliers, amateurs de reggae, de dub, d’électro et, bien sur, de rock, l’ADN du festival organisé par l’asso Aux Arts etc et soutenu par 800 bénévoles. Pataquès fait le bilan des deux jours de festivals.

(Retrouvez les photos du festival en bas de page)

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Asaf Avidan – Au pont du rock – ©Pataquès

 

JOUR 1 : Vendredi

 

Minuit ou le talent héréditaire

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Minuit – Au Pont du Rock – ©Pataquès

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Minuit – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Ask After B était le lauréat du tremplin Au Pont du rock et, par conséquent, avaient l’honneur (ou la lourde tâche, cela dépend des circonstances) d’ouvrir cette nouvelle édition du festival. A l’image de leur tenue de scène, un blazer bleu, les nantais s’inscrivent dans un registre pop so british avec ses défauts et ses qualités. Il faut l’avouer on pense plus à Blue qu’à Blur et ce premier concert, reste un gentil amuse bouche au goût peu trop sucré.
Si les histoires d’amour finissent, en général, par des enfants, nous avons eu la confirmation que dans la famille Ringer / Chichin, le talent est héréditaire. Minuit à 20h10 est notre premier gros coup de coeur du festival. Fille et fils de, Simone Ringer et Raoul Chichin poursuivent avec sincérité l’oeuvre de leur parents et assument pleinement avec leurs amis par Joseph Delmas, Tanguy Truhé et Clément Aubert(loin d’être de simples accompagnateurs). assument pleinement la filiation avec les Rita Mitsouko. Le mimétisme est troublant voire déroutant mais nous ne boudons pas notre plaisir. La belle Simone (Pataquès est tombé un peu amoureux) a de sa mère la beauté électrique, quelques mimiques et sa voix envoutante. Le temps d’une chanson triste dont le titre nous échappe, l’émotion est palpable, « des frissons électriques » parcourent le public…
Nous comprenons que cette musique qui nous plait tant n’est ni un plagiat, ni un hommage mais juste une histoire de famille dont le public est, finalement, un membre à part entière. Nous attendons donc avec impatience la sortie de leur premier album à la rentrée.

 

Moriarty ou la route du grand ouest

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Moriarty – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Si le groupe était un moyen de transport, Moriarty serait une diligence et leur concert un voyage dans le grand Ouest Américain. Bêtes de scène et songwriters hors pair, Moriarty n’a aucun mal à faire voyager ses fans impatients de les voir. Diva rétro à la beauté austère, Rosemary Standley déroule avec une aisance impressionnante, les récits fortement inspirés par la littérature américaine tandis que ses cinq compères très complices, balayent des mélodies faisant la part belle au cordes, à l’harmonica ou l’harmonium. Un joli voyage.

 
 
 

Balthazar ou Jambinai

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Jambinai – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Faire un festival est parfois un dilemme pour les festivaliers lorsque la prog présente des doubles plateaux. A 22h10, nous devions donc faire le choix difficile entre Jambinai et Balthazar, entre la Corée et la Belgique, entre le combo métal/traditionnel d’un côté et le rock élégant de l’autre. On a choisi les deux mais ce n’est jamais le bon choix…
Nous avons commencé par Jambinai qui avaient fait sensation aux dernières Trans et que nous nous mordions les doigts d’avoir loupé (là encore une question de choix) et c’est une semi déception. Nous nous attendions à un savant métal accompagné d’instruments traditionnels mais il semblerait que les quatre musiciens aient été plus intéressés à créer une atmosphère intimiste déstabilisante.
Notre envie de rock étant trop forte nous nous sommes donc tournés vers Balthazar, un de nos coups de coeur pop/rock de l’année avec leur album Thin walls. Là, pour le coup, nous n’avons pas été déçus. Les Belges nous ont offert, comme on s’y attendait, un concert enlevé, élégant et rythmé.

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Balthazar – Au Pont du Rock – ©Pataquès

 

Rodrigo y Gabriela ou la claque mexicaine

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Rodrigo y Gabriela – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Nous n’avions encore jamais vu sur scène Rodrigo y Gabriela et, il faut bien avouer, que nous avions quelques a priori sur la prestation du « duo préféré des profs de guitare ». Nous craignions un peu de nous ennuyer devant les exploits techniques des deux guitaristes mais rien de tout cela. Les mexicains ont offert un set rythmé, époustouflant par sa façon d’envoyer du « gros son » avec une désarmante simplicité… et seulement deux guitares acoustiques. Certains métalleux en sont restés cois et nous aussi. Loin de « se gratouiller le manche » pour épater la galerie et les profs de guitare (« Regarde ses doigts, t’as vu ses doigts comment ils vont vite?!!! »), le duo a fait le show et s’est fait complice du public qu’il a d’ailleurs fait monter sur scène à mi parcours pour les accompagner et meubler le grand espace de la scène Dragon. Et si certains feront la fine bouche en notant que le set est un peu redondant sur la fin, ce fut un vrai beau concert et une vraie claque mexicaine qui nous a réconcilié avec la guitare acoustique et nous a fait prendre conscience que, finalement, ce qui nous emmerde, c’est les profs de guitare.

 

Success ou l’electro rock « sévèrement burné »

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Success – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Leur réputation sur scène n’est plus à faire. Ils sont même très attendus. Le public attend des quatre rennais qu’ils mettent le feu au chapiteau. Le public attend surtout le show de Mr Elegantz, personnage charismatique et arrogant, au « melon gros comme une pastèque » créé par le chanteur Yann.
Youl, le guitariste, Dan le batteur, et Jo le percussionniste se sont alignés dans le fond pour lui un espace suffisant : la scène est son mode d’expression. A l’image de leur second album, Love and Hate, sorti au début de l’été, plus rugueux et sombre que leur précèdent, Mr Elegantz est certes resté très classe mais a mis de côté son costume trois pièces pour simplement garder une cravate dénouée sur ses épaules et une trace de rouge à lèvres sur la bouche (clin d’oeil au clip de You). Désormais sur scène, Mr Elegantz, visiblement « très en forme », rentre tout de suite dans le vif du sujet : un rock électrisant et puissant, toujours aussi efficace en live.
Entre deux provocations arrogantes, Mr Elegantz prouvera à ses fidèles qu’il sait donner de sa personne pour électriser la foule en finissant son set, sans chemise, sans pantalon, mais dans un très seyant slip couleur taupe. Hommage à Rika Zaraï ou besoin de fraicheur? aucune idée mais le public exulte et quelques caleçons volent sur scène (aucun soutien gorge ni petite culotte comme le regrettera amèrement le chanteur).
Après un show d’une petite heure sur-vitaminée, les musiciens quittent la scène devant une assistance sous le charme (sans regret d’avoir manquer Le Peuple de l’herbe). Mr Elegantz, quant à lui, fait un dernier tour de piste pour sa traditionnelle « distribution de poils de torse ». So Elegantz !!!

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Success – Au Pont du Rock – ©Pataquès

 

JOUR 2 : SAMEDI

 

Fuzeta ou la fin de tournée

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Fuzeta – Au Pont du Rock – ©Pataquès

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Fuzeta – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Pataquès vous en parlait déjà il y a quelques semaines pour Bobital (ici et ici) mais c’est un vrai plaisir de retrouver sur scène les frères Sims et leur pote d’enfance Damien à la batterie. Il offre, en ouverture du festival, un set aérien s’autorisant l’exaltation quand les gars laissent parler les guitares. Un joli concert que nous avons plus apprécié que celui à bobital, la petite scène du chapiteau d’Au pont du rock convenant mieux à l’univers intimiste des lorientais. Ce concert était aussi l’occasion de dire un au revoir (et juste un au revoir) à Fuzeta puisque le festival était leur dernière date de leur première tournée.
Pour « fêter ça », ils avaient annoncé une surprise sur les réseaux sociaux : un nouveau morceau en exclusivité pour Malestroit. Un morceau qui ose taper un peu plus fort et même si Pierre, le guitariste, s’est un peu emmêlé les pieds dans ses pédales, nous avons hâte de le réécouter. Fuzeta va enchainer jusqu’à l’automne les séances studio pour enregistrer leur second ep dont la sortie est prévue pour Février 2016.

Le bordelais Jérôme Amandi, alias Talisco a ensuite enchainé sur le grande scène avec un rock folk volage et séduisant comme nous l’avait prouvé son single Your Wish extrait de son album Run sorti l’année dernière.

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Talisco – Au Pont du Rock – ©Pataquès

 

Mellanoisescape ou l’échappée salutaire

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Mellanoisescape – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Manquer Mellanoisescape aux dernières Trans avait été, pour Pataquès, un regret amer. Il aura donc fallu attendre sept mois et aller jusqu’à Malestroit pour pouvoir voir en live le projet solo d’Olivier Mellano.
Un concert au parfum nostalgique puisque le rennais était il y a 26 ans dans la programmation de la toute première édition du festival Au Pont du Rock avec son groupe de lycée. Il y était revenu depuis avec d’autres formations mais cette année, c’est seul qu’il montait sur scène pour présenter, Mellanoisescape et un retour à ses premiers amours : la noise au croisement de la pop et du rock. Une échappée salutaire pour celui qui a enchainé les projets gigantesques depuis plusieurs années comme How we tried a new combination, un triptyque (symphonique, électrique et electro/ hipo hop) autour d’une même partition qui lui a demandé 5 ans de travail. Mellanoisescape marque donc pour le musicien le besoin de retrouver une simplicité d’exécution.
Des empilements de boucles de guitares, tour à tour lancinantes et tumultueuses, un chant incisif et un univers aussi sombre et beau qu’une nuit d’orage ; voir Mellanoisecape est une expérience dont on ressort les tripes retournées et les pieds sur des nuages électriques. Pataquès vous en reparle plus longuement prochainement.

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Mellanoisescape – Au Pont du Rock – ©Pataquès

 

The Wanton Bishops ou les Black Keys libanais

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The Wanton Bishops – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Ils étaient précédés d’une belle réputation mais c’était peu dire tant nous avons adoré la prestation de The Wanton Bishops. Deux « évêques », Nader Mansour (chant, guitare et harmonica) et Eddy Ghossein (choeurs, guitare et banjo), qui se sont, parait-il, rencontrer en 2012 lors d’une bagarre sur un trottoir de Beyrouth et qui, depuis, enflamment les premières partie de Guns n’ Roses, Lana del Rey ou encore The Who avec un blues garage qu’on imaginerait tout droit sorti d’un tripot des berges du Mississippi.
Un duo rompu à l’exerce de la scène avec d’un côté, Manssour, chanteur charismatique rythmant ses prêches par son harmonica plaintif et d’un autre côté, Ghossein, guitariste bien habile quand il s’agit de sortir des mélodies entêtantes sur le manche de sa guitare à l’image de leur petite pépite Oh wee.
Bien accompagnés par une section basse/batterie, The Wanton Bishops ont transporté le temps d’une heure, Malestroit à équidistance de la Nouvelle Orleans et du Liban. Surnommés les « black keys libanais » (un compliment loin d’être usurpé), ils sont, sans hésitation, notre coup de coeur/découverte de cette édition. Leur dernier album, Sleep with the lights on est sorti au printemps.

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The Wanton Bishops – Au Pont du Rock – ©Pataquès

 

Une interview nous a empêchés de voir le concert de Danakil, qui selon nos infos, a su ravir son public.

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Danakil – Au Pont du Rock ©Pataquès

 

Jeanne Added ou le charme electro pop

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Jeanne Added – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Au risque de se répéter : Jeanne Added est notre coup de coeur electro pop de l’année et notre révélation scène 2015 que nous ne nous lassons pas de voir en live. Le chapiteau est donc un terrain conquis pour notre part mais qu’il est beau d’observer, avec le recul, la « magie Jeanne Added » opérer sur le public du festival. Tour à tour, martiale (A war is coming), intimiste (Look at them) ou fougueuse (Lydia), qu’elle soit derrière sa basse ou libre de tout mouvement, la chanteuse charme le public par sa voix puissante et gracile.
Son concert est aussi l’occasion de constater une nouvelle fois que Jeanne Added est un vrai groupe marqué par une vraie complicité entre la chanteuse, la batteuse Anne Paceo et Narumi Herisson au clavier alors que les Trans étaient leur tout premier concert du trio. Entre clins d’oeil et sourires et voire début de fou rire, les trois jeunes femmes prennent un plaisir fou à jouer ensemble, plaisir de plus communicatif tandis que la timide Jeanne semble à chaque fois gênée ou émue que les applaudissements s’allongent de chanson en chanson.
Le charme de la rémoise a donc encore conquis quelques coeurs de plus à Malestroit et nous ne conseillerons jamais assez d’aller la voir sur scène. Le trio sera d’ailleurs en concert au festival Sons d’Automne à la rentrée.

 
 
 
 
 

Jeanne Added nous en aurait presque fait manquer le rendez vous avec notre adolescence : No one is innocent, qui pour l’occasion, avait sorti l’artillerie lourde. Premier gros pogo du festival.

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No one is innocent – Au Pont du Rock ©Pataquès

 

Izia ou la vaine agitation

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Izia – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Veste en jean, T-shirt Joy Division, mini short et bas résille, Izia déboule sur scène. Saute et bouge dans tous les sens. La dernière fois que nous l’avions vu sur scène c’était pour son premier album, période Janis Joplin et si, pour son dernier album la chanteuse avoue avoir voulu se tourner vers la pop/ rock de Niagara, on retrouve la même agitation un peu stérile sur scène. Le jeune femme, plus adulte avec ce nouvel album, conserve tous les tics et les maladresses qui pouvaient déjà nous agacer à ses débuts. Izia ne manque pas de talent mais la chanteuse a trop tendance à le gâcher en confondant hystérie et énergie et peine à incarner avec sincérité ses textes, qu’ils soient dans des mélodies rock ou pop. Il semble que la chanteuse se sente obligée de courir, sauter, crier comme si avec le besoin permanent de secouer le public là où la musique aurait suffit. Izia aurait elle peur d’ennuyer? Le concert en devient souvent éprouvant et nous espérons à l’avenir que la jeune chanteuse et ses deux victoires de la musique saura trouver l’univers musical à la hauteur de sa voix, qui reste, il faut le reconnaitre : puissante. Finalement, le vrai défi d’Izia est là : être capable de se mettre, véritablement et émotionnellement, à nue dans ses chansons sans devoir singer des postures.

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Izia – Au Pont du Rock – ©Pataquès

 

BRNS ou la math/pop intello

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BRNS – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Si la propagande rigolote-communiste de John Lenine et Sylvester Staline nous a fait sourire le temps de quelques chansons, nous n’avons pas poussé le vice à rester plus longtemps et préféré, au lieu d’émigrer au pays des Soviet Suprem, nous diriger vers la Belgique de BRNS (prononcé Brains).
Organisés en arc de cercle, sans frontman, perdu dans une fumée épaisse, d’apparence très scolaires, les BRNS inventent une ambiance flottante (voir le très beau My head is into you) portée par des mélodies pop aux structures alambiquées, le chant aérien du batteur Timothée et des riffs de guitares tantôt acérés tantôt planants.
Même si les bruxellois conclueront leur set par leur tube Mexico, BRNS ne cherche jamais l’immédiateté ou l’efficacité à moindre coût (couplet/ refrain) et se laissent apprécier sur la longueur quitte à en laisser quelques uns sur le carreau. Un concert, finalement, à l’image de leur musique : accessible et complexe à la fois, dont on ressort un peu hagard. Et pour Pataquès, c’est un compliment.

 

Asaf Avidan ou la classe Israélienne

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Asaf Avidan – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Alors que son dernier album avait eu moins d’echo que ses précédents, nous pensions que la « Asaf Avidan Mania » était un peu retombée. Mais pas du tout, elle s’est juste assagi. Débarrassé de l’affreux remix de One Day, le public redécouvre avec plaisir la musique de l’israélien, toujours marquée au fer rouge de sa voix perchée et écorchée. Le jeune homme, première tête d’affiche annoncée du festival en décembre dernier est venu, comme à l’accoutumée donner un show calibré mais exalté. Bavard narcissique, Asaf Avidan dialogue, explique, pose, fait des manières, crie, chante le tout pour un concert exalté. Une chose est certaine, l’artiste divise (même au sein de Pataquès) et ne laisse personne indifférent. Mais dieu que le jeune homme est doué pour écrire des chansons qui font frissonner le public. Different Pulses en était la parfaite incarnation ce samedi soir tandis que voir et entendre le public reprendre en coeur One Day fut l’instant euphorisant et apothéose de son concert.

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Asaf Avidan – Au Pont du Rock – ©Pataquès

 

Last Train ou la nouvelle locomotive du rock français

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Last Train – Au Pont du Rock – ©Pataquès

Vainqueurs des Inouïs du Printemps de Bourges, Last Train est la nouvelle sensation rock français bien loin du phénomène bébé rockeurs dans lequel auraient pu les cataloguer leur jeunesse puisque le groupe : 20 ans d’âge moyen. Farouchement indépendant, Last Train s’est forgé sa réputation par des concerts joués pieds au plancher. Nous les avions découverts au mois de mai dernier au 1988 Live Club et, force est de constater que le groupe ne s’est pas assagi. Leur prestation est toujours aussi euphorisante. Les quatre gars s’amusent toujours autant à se bruler les doigts du feu sacré du rock, le tout traversé par un sentiment d’urgence excitant là où certains nouveaux jouent à poser. Ici, les pieds de micro volent, les guitares s’envoient en l’air et le set se vit comme une tempête rageuse et stridente et cela, malgré les quelques problèmes techniques qui sont venus ternir la fin du concert.
Retrouvez prochainement l’interview de Last Train sur Pataquès.

 

Salut c’est cool ou la potacherie devenu un danger potentiel

En 2015, il n’y pas eu de tube de l’été mais un phénomène : Salut c’est cool, le groupe préféré des agents de sécurité. 4 artistes s’amusant à travestir les objets du quotidien en oeuvres d’art et transformer chacun de leur concert en performance potache sur fond de beats efficaces.
On pourrait voir en ces quatre gars, « une armée de troubadour débiles » ou « quatre petits chatons » que les festivals aiment regarder jouer (comprendre « ils ramènent beaucoup de monde ») jusqu’à ce qu’ils attaquent la tapisserie. Peu importe les comparaisons, le résultat est le même : une hystérie collective, aussi bien artistique que du côté du public.
A chaque festival, son lot d’anecdotes sur ce qu’ils ont fait sur scène et ce que le public a fait en réponse et à chaque nouveau festival l’attente de plus de folie, de plus de lâché prise. Muse peut aller se rhabiller avec ses shows bigger than life, Salut c’est cool crée l’émeute avec trois ficelles, quatre chaussures et un bout de scotch. Il faudrait d’ailleurs proposer une thèse de sociologie pour comprendre comment cette potacherie, finalement très intello-arty (on rappelle qu’ils sont tous en école d’art) est devenu un phénomène de masse et leurs concerts l’exutoire d’une foule s’autorisant l’hystérie collective (on nous a parlé de bousculades à l’entrée du site avant le début du concert et certains spectateurs espéraient sérieusement « qu’ils ramènent des grenouilles sur scène parce qu’ils jouaient sur la scène… Grenouille » !!!).

Il est donc fascinant de constater comment ces « quatre petits chatons » puissent créer autant de bordel et faire peur à toute une équipe de sécurité qui, depuis la veille, craint d’être dépassée.
Par conséquent, les photographes seront interdits dans la fosse pendant toute la durée du concert et en nous reconduisant vers le « périmètre autorisé », un responsable sécurité, très à cran, nous expliquera que « c’est pour votre sécurité, on ne sait pas ce qui peut se passer. Il parait que cet après midi ils ont pris des chaises ». Voila donc toute la magie de Salut c’est Cool résumée: transformer le geste anodin de prendre une chaise en l’objet de fantasmes de beaucoup de gens dont l’esprit se situe bien loin de l’univers « poétique et bordélique » du groupe alors que le public, lui, semble y être très bien adapté.
Finalement, aucune chaise ne deviendra une arme létale et si, le chanteur James reprochera pendant le concert «  à la sécu de n’être pas vraiment cool ce soir », le concert s’est déroulé sans incident majeur. Reste le contraste saisissant entre l’encadrement mis en place et le groupe lui même puisque nous avons compté une rangée complète d’agents de sécurité le long de la scène, deux équipes de secouristes de chaque côté et un escadron de la gendarmerie en backstage pour seulement quatre mecs qui récitent une recette de purée !!! Le public était lui, comme prévu, « parfaitement déchainé » pour une performance artistique collective fascinante et un concert toujours aussi efficace. Et surtout très drôle à vivre, comme il est très beau (qui n’a jamais rêvé de le faire) de voir toutes ces chaussures voler sur scène et qui, comme le rappelle le groupe, « seront toutes restituées au bureau des objets trouvés » : gentils comme des chatons, on vous dit.

Sinon, musicalement le concert était comment? fou-fou. Techno, toujours pareil, Boum boum dans les oreilles…

Haut de ses 25 ans, Joris Delacroix concluait le festival en beauté avec sa Deep House idéale le site en dance Floor. Nous retrouverons le jeune homme le 27 Novembre au Liberté à Rennes, accompagné de The Avener, Synapson et feder pour une soirée Flash Deep.

 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 

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