Biches Festival : le report

 

Une édition ambitieuse mais qui devra essuyer les dommages d’une première pour le Biches Festival.

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Biches festival : le report

Jour 1

Arrivé sur site le vendredi à 15h, il n’y a pas foule sur le parking. Facile donc de négocier une place un peu plus proche pour en faire le moins possible de ma part. Les premières personnes sont très souriantes et ont l’air ravi que la première édition du Biches Festival ait lieu.

Après une courte marche sur un chemin, je découvre la zone festive au beau milieu d’un champ. Il n’y a effectivement pas encore grand monde pour écouter le DJ set de En Uniforme. Peu rassurant pour le groupe Ariel Ariel qui prend la suite. Le chanteur avoue même être surpris du rapport entre la grandeur de l’espace occupable et la faible densité du public. Une petite trentaine de personnes éparpillées devant la scène rose, Ariel Ariel effectue un set court mais qui nous laisse entrevoir de belles propositions de voyages à venir.

En déambulant sur le site du festival qui reste à taille humaine, je découvre un espace dédié aux jeux : Biche volley, ping pong sur les vielles tables de salle à manger de Mémé relookées. Ça chille au soleil.

Le groupe Biche s’installe sur la deuxième scène, appelée scène jaune. Les jeunes musiciens subissent de la même manière les conséquences d’une programmation sans doute un peu trop tôt dans la journée. Les envolées psychédéliques de leurs morceaux aux très jolis arrangements ne sont pas sans faire penser à certains vieux morceaux de la culture musicale française. Le merveilleux titre « la Nébuleuse de Sienne » ferme quasiment leur concert au public assis ou couché dans la prairie. Mais on ne peut s’empêcher de penser notamment à Polnareff qui a visiblement influencé cette jeunesse sans retenue qui finira son concert par une reprise de « La Mouche » du dit Michel. Superbe finish malgré des festivaliers trop peu nombreux pour profiter de ce doux moment.

Pas de transition. La scène rose répond de suite à la jaune. Malheureusement, le ton est donné très vite et ce qui est annoncé comme le groupe Agapes ne présente aucun atout de séduction pour ma part et en toute subjectivité bien sûr. J’en profite donc pour faire un tour au bar VIP qui a une spécificité : une terrasse avec vue sur les deux scènes avec transats. Pause…

En ressortant du VIP, je découvre le bar du coin. Installé dans le coin du hangar (d’où son nom), il propose des bières locales (St Paul et Trotteuse) que je m’empresse de déguster pour peaufiner ma culture personnelle.

Le groupe rennais Baston ayant décliné, c’est Niki Demiller qui a la lourde tâche de les remplacer. Parfois en anglais, parfois en français, l’artiste vêtu d’une combinaison intégrale grise utilise déhanchés et invectives pour attirer le public encore éparse (vivement la fin de journée pour ceux qui bossent…). Entre morceaux ultra boostants chantés dans la langue de Molière et communication avec le public, Niki aura su faire de ce moment une belle rencontre très vivante. Félicitations au passage à l’un de ses musiciens qui a réussi à changer une corde sur sa guitare durant un seul morceau plutôt court.

Vient ensuite le temps de la mélancolie aux intonations yéyés de Juniore. Le chant, parfois glacé de la chanteuse, nous envoûte rapidement et nous emmène avec ce trio féminin. Le titre « Mon Autre », dont le clip sortira prochainement, sonne déjà comme le tube entêtant qui vous restera dans la tête. Le soleil tombe sur la scène rose et Juniore rassemble les quelques brebis égarées au quatre coins du site et semble ravir l’assemblée.

La scène ne tarde pas à s’agiter à l’arrivée de Cléa Vincent. Cette surprenante jeune femme qui chante des textes qui peuvent paraître un peu gentillets a le sens du rythme et a fait bouger dès le deuxième titre. « J’m’y attendais pas » a bel et bien acquis des paires d’oreille et de jambes. Des sons 80′s, des mélodies accrocheuses et des textes qui content des chansons plus ou moins heureuses à l’aide d’une voix qui semble assumer ce côté qui peut paraître simpliste. En tous cas, ce soir Cléa a convaincu.

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Ensuite, nous attendons le « grand » Little Bob. Le papy du rock se fait attendre mais cela en valait la peine. Haut comme trois pommes, le vieux monsieur donne des leçons de rock´N roll dans son perfecto en cuir rouge. L’harmonica, la contrebasse, la guitare, la batterie et… le grain de folie du rockeur aux cheveux blancs qui enchaine reprises de grands classiques et compositions. Lorsque Bob dit quelque chose, le public écoute et exécute. Le bonhomme force le respect. Un blues bien rock comme on aime.

Pins, quintet mancunien exclusivement féminin, assure la relève et garde les danseurs de twist et de rock´n roll. Ce postrock anglais, bien que peu novateur, séduit par un jeu de scène qui ne laisse pas de marbre la gente masculine.  La reprise des Misfits en fin de set conclut un live efficace.

Les sons électroniques des mélodies des Pirouettes se font déjà entendre et laissent présager un virage dans la soirée. Les textes du jeune duo laissent transpirer une naïveté qui pardonnera les maladresses rencontrées pendant le concert. Dans un moment de communion, Vickie Chérie et Léo Bear Creek partagent des titres de leur futur album en acoustique.

Pérez a la mission d’amener les derniers festivaliers présents jusqu’à l’arrivée du set de Retard. Beaucoup d’influence chez ce jeune homme. À la croisée d’Etienne Daho, Jean-Louis Murat et Flavien Berger, le chanteur crache des mots avec une énergie punk qui se marie divinement avec les beats synthétiques qui les habillent. Pérez n’a à coup sûr pas encore atteint la notoriété qui devrait lui revenir au vu du talent qu’il transpire.

La fin du jour 1 se termine par un DJ set du collectif Retard. C’est la fête, les titres se suivent et tout le monde est content de pouvoir prolonger cette première journée jusqu’à tard (ou tôt…) dans la nuit. En ce qui me concerne, je regagne ma couche afin d’attaquer un jour 2 prometteur dans les meilleures conditions en espérant une affluence plus conséquente pour les amis Biches organisateurs, sans doute un peu frustrés à l’issue de cette première étape.

 

Jour 2

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Après une visite express de Gacé, petit village voisin, il est grand temps de retourner sur site pour assister au lancement des concerts du jour. Et c’est Beastie Vee qui ouvre le bal. Incarnation du croisement hybride de Marylin Manson et Danyel Waro, ce réunionnais se poste au fond de la scène derrière sa batterie avec comme seul soutien son ordinateur posé à terre juste derrière lui. Du gros son pour démarrer cet après-midi musical. Ça tabasse, c’est froid, c’est chaud. Sur quel pied faut-il danser ? Peu de réponse mais toujours est-il que les têtes dodelinent et les pieds claquent le rythme foufou donné par le batteur chanteur.

Montoya enchaîne mais ne me laisse pas trop de choix. Je vais faire une micro sieste sur les transats du VIP pour ne pas rater la suite.

Chovinisme oblige, les Born Idiot assurent et me garantissent un réveil tout en douceur des plus adaptés. La chill pop des rennais est séduisante et si l’on ferme les yeux, on peut à certains moments imaginer que Marc De Marco a rejoint la prog du Biches Festival. Un concert efficace qui met tout le monde d’accord. Petites lunettes rondes vissées sur le nez, mèches de cheveux rebelles qui flirtent avec la discrète moustache de mousquetaire, le chanteur affiche une belle présence scénique entouré de ses comparses. Groupe à suivre de très près en toute objectivité.

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Born idiot

Sur la scène jaune, je retrouve des têtes déjà croisées la veille. En effet, Cléa Vincent est de retour avec son guitariste Baptiste, vu auprès de Cléa et Niki sur cette même scène, avec batteur et bassiste pour un projet un peu plus rock en français qui répond au nom Les Chansons de ma Tante. Pas de grande nouveauté par rapport à la veille, mais le batteur envoie des rythmiques qui demandent aux guitares de s’élancer  et les morceaux sont alors plus énervés. Rock et fraîcheur au rendez-vous permettront à Cléa de réaliser « son rêve de gosse », comme elle le dit, en slamant sur un public docile acquis à sa cause. Vivante, cette jeune femme donne envie de sourire et cela fait du bien.

La scène rose accueille le désormais connu Pérez pour un projet où il partage la scène avec sa bienaimée. Si on ajoute à ce couple une batteuse à l’énergie débordante, deux mecs à la gratte et à la basse, on obtient un cocktail ultravitaminé aux accents « pulpesques » ou « pavementaires ». Le talent ressenti la veille en Pérez est confirmé dans ce projet Beat Mark.  Suivez le bon sang, suivez le !

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Beat Mark

Comme il est difficile de redescendre de l’excellent concert de Beat Mark, je fais malheureusement l’impasse sur Beach Youth que je n’écoute que de trop loin.

Puis arrive la bande d’Aloha Orchestra. Et là, c’est le drame… JB le chanteur du groupe comme à son habitude sautille sur place avant de monter sur scène. Rituel qui lui sera fatal cette fois-ci : grosse entorse qui ne lui permet pas d’assurer le spectacle. Dommage car j’avais bien hâte de les revoir en live après leur passage au 1988 Live Club à Rennes pour la soirée « Du Chien En Boîte » de l’asso On Lâche Rien Sauf Les Chiens. Nous espérons que le chanteur aux bouclettes folles se remettra très vite.

En attendant, c’est Cannery Terror qui prend la relève. Clara, petite boule d’énergie, a décidé de mettre le feu et s’emploie de fort belle manière à galvaniser ses troupes. Une voix éraillée jaillit et accompagne les riffs de guitare qui sentent le soleil.  Le titre « Cheese » fait mouche et reste dans les têtes.

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Tall Juan

Ensuite la claque! Bercé à la sauce Sex Pistols & Ramones, Tall Juan a choisi de ne pas tricher. Guitare acoustique et un compagnon de scène qui joue debout sur une batterie dans son plus strict appareil (je parle de la batterie bien évidemment), ce sont les outils que ce jeune argentin exilé à New York a amenés sur la scène rose pour mettre le feu aux poudres. Transcendé, il est vrai, il est fou, il est habité et il semblerait que tout puisse arriver lorsqu’il est derrière son micro. Les chansons sont très courtes et bourrées de vitamines. Elles s’ingurgitent comme des pastilles que l’on suce avec délectation. Tall Juan finit rapidement torse nu tellement il donne sur scène. Délaissé un moment par son batteur, l’argentin offre à qui le veut la possibilité de venir s’associer à lui. Défi relevé par deux musiciens (Biche et Born Idiot). Gros gros concert du rockeur sud-américain auprès duquel je m’empresse d’aller exercer mon espagnol et sonder son actualité future.

Splash Wave paiera les conséquences de ma longue conversation dépaysante avec l’argentin au beau milieu de la pampa bichesque.

De nombreux échos m’avaient invité à prêter une oreille attentive au groupe suivant. Rendez Vous était pris et se présentait sur la grande scène rose. Énorme son d’entrée pour un set post punk électronique puissant et rageur d’une efficacité remarquable.

Rendez Vous est également un groupe à suivre.

Samba de la Muerte en Dj set vient clôturer cette programmation bien loin des sentiers battus qui fait de ce festival un des événements estivaux à recommander.

J’ai pour finir le privilège de partager le moment de complicité entre tous les membres de l’organisation du Biches Festival, entraînés dans cette belle aventure humaine par la douce folie de Margaux et Tristan, jeune couple exemplaire par son courage et sa volonté de mettre en œuvre tout ce qu’il faut pour ne pas céder à la facilité de laisser tomber. Chapeau à toute l’équipe pour cette première édition et longue vie à ce festival pour lequel je m’engage d’ores et déjà à faire acte de présence et pourquoi pas plus.

 

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